Une passe d'armes virulente s'est déroulée sur les réseaux sociaux entre Elizabeth Tsurkov, récemment libérée après plus de deux ans et demi aux mains d'une milice du Hezbollah en Irak, et le très populaire journaliste de N12. L'échange a débuté après que l'ancienne otage a critiqué la façon dont la chaîne israélienne a couvert l'élimination de deux jeunes Gazaouis ayant franchi la ligne de démarcation.
"Comment la chaîne israélienne N12 a-t-elle couvert la mort de deux garçons de 10 et 12 ans à Khan Younès aujourd'hui ? 'Tsahal : Ce matin, l'armée de l'air a abattu deux suspects dans le sud de la bande de Gaza qui avaient franchi la Ligne jaune.' La chaîne News 12 est la plus regardée en Israël et représente l'opinion publique", a écrit Elisabeth Tsurkov sur X.
Le journaliste a vivement réagi à cette publication, écrivant : "Quel pays merveilleux qu'est Israël, qui travaille à libérer même ceux qui le détestent, alors qu'il n'est pas responsable de leur capture ! Même une ordure comme Tsurkov ne mérite pas de pourrir en captivité aux mains d'organisations terroristes."
Elisabeth Tsurkov a riposté en défendant sa démarche : "Si vous considérez une traduction anglaise fidèle du titre de la chaîne 12 comme une 'diffamation' à l'encontre de l'État, peut-être serait-il judicieux de modifier quelque chose dans le reportage afin de le rendre conforme aux normes journalistiques ? L'État d'Israël a œuvré pour ma libération, et je remercie ceux qui, malgré votre appel public lancé pendant ma captivité, n'ont pas tenu compte de cet appel."
La confrontation s'est intensifiée lorsqu'Amit Segal a qualifié Elisabeth Tsurkov "d'obsessionnelle haïssant son pays", lui reprochant de ne pas mesurer le prix pour le pays de ses "stupides aventures en Irak".
Ce à quoi l'ex-otage a rétorqué : "Je ne hais pas ce pays. Je critique sa politique sur de nombreux points et j'exprime mon appréciation pour sa politique sur d'autres. Si vous voulez vivre sous un régime où il est interdit d'exprimer de telles critiques, allez à Gaza."
Dans sa dernière réponse, le journaliste a accusé Elisabeth Tsurkov de se complaire dans la calomnie en utilisant les outils de la propagande ennemie, notamment en minimisant les événements du 7 octobre et en exagérant l'ampleur des dommages causés par les opérations de Tsahal. Il a conclu en suggérant que contrairement à lui, elle rejetait la responsabilité de ses actes sur le pays.
Depuis son retour de captivité, la chercheuse israélo-russe doctorante à Princeton a déclenché plusieurs polémiques sur les réseaux sociaux. Elle a par ailleurs déposé une plainte contre deux journalistes de la chaîne qu'elle accuse d'avoir diffusé de fausses informations sur sa captivité, mettant par là même sa vie en danger.