Des centaines de personnes ont accompagné hier soir (samedi) à sa dernière demeure Ayala Davidson, mère de six enfants originaire de Bnei Brak, décédée des suites de graves blessures subies lors d'un violent accident sur la route 1 survenu vendredi dernier.
Elle a été inhumée aux côtés de son sixième enfant, le nourrisson Avinoam Meïr, âgé d'un mois à peine, lui aussi tué dans la collision. Derrière ce deuil dévastateur se profile le débat autour des drivers, ces chauffeurs clandestins qui opèrent en toute impunité au cœur des communautés orthodoxes.
C'était leur première sortie avec le bébé. La famille Davidson avait simplement voulu profiter du Shabbat en dehors de chez elle, avec le petit Avinoam Meïr.
Le véhicule dans lequel ils circulaient est entré en collision avec un autobus arrêté sur le bas-côté de la route. Le nourisson qui n'était pas attaché dans son siège auto, selon les éléments de l'enquête de police, a été tué sur le coup.
Le père, le rav Shlomo Zalman Davidson, a lui aussi été grièvement blessé dans l'accident. Toujours hospitalisé, il a assisté aux funérailles de son épouse transporté en ambulance, avant de retourner à l'hôpital sitôt la cérémonie terminée. Le conducteur du véhicule, Avraham Haïm ben Zahava Georgette, est quant à lui hospitalisé dans un état critique.
Yossi, le fils aîné du couple, âgé de 10 ans seulement, a pris la parole lors de l'enterrement de sa mère: « Prie pour nous, prie pour que le Saint Béni Soit-Il nous délivre de toutes les épreuves, qu'Il nous envoie bientôt la délivrance. Prie pour nous et pour papa. Prie pour qu'il guérisse complètement, qu'il ait la force de nous élever dans la Torah et l'amour de Dieu. »
Le couple et son bébé avait emprunté un ''driver'' pour se déplacer de Bnei Brak à Jérusalem, ce jour où tout a basculé.
Les drivers sont des chauffeurs particuliers qui transportent des passagers contre rémunération dans leur véhicule personnel, sans aucune des licences, assurances ou obligations légales qui s'imposent aux taxis officiels. Ces conducteurs n'utilisent pas de véhicules homologués comme taxis, ne paient pas de taxes sur leurs revenus, et ne sont pas soumis aux tarifs d'assurance élevés imposés aux chauffeurs de taxi officiels ce qui leur permet de pratiquer des prix nettement inférieurs.
Le phénomène est né dans les quartiers orthodoxes comme solution de transport pratique, flexible et bon marché répondant à la pénurie de taxis dans ces secteurs. Avec le temps, il s'est considérablement développé pour devenir un mode de déplacement central au sein de la communauté.
Le danger principal est celui des accidents. En cas d'accident, les passagers risquent de découvrir qu'ils ne bénéficient d'aucune couverture d'assurance. Concrètement, l'assurance d'un véhicule particulier ne couvre pas le transport rémunéré de passagers : en cas de blessures graves, la victime se retrouve sans recours financier, ce qui peut signifier la ruine pour la famille.
Face à l'ampleur du phénomène, l'administration fiscale a lancé une vaste opération nationale contre les drivers, avec des descentes dans de nombreuses stations à travers le pays, conduisant à des arrestations, des perquisitions et des convocations à des interrogatoires. Mais l'Etat est encore loin d'avoir réussi à endiguer le problème.
POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIL CLIQUEZ ICI : https://israj.media-j.com/newsletter
POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael