Alors que la Bolivie traverse une grave crise économique et sociale, le président Rodrigo Paz fait face à une contestation grandissante dans laquelle son rapprochement avec Israël occupe désormais une place importante.
Élu l’an dernier après près de vingt ans de gouvernements socialistes liés à Evo Morales, Rodrigo Paz a profondément réorienté la politique étrangère bolivienne. L’une de ses décisions les plus symboliques a été le rétablissement complet des relations diplomatiques avec Israël fin 2025, relations rompues en 2023 après le déclenchement de la guerre à Gaza. Le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar avait alors salué « une nouvelle ère » entre les deux pays.
Le gouvernement bolivien a également supprimé les visas pour les Israéliens et lancé plusieurs projets de coopération dans les domaines de la sécurité, du tourisme, de l’agriculture et des technologies. Rodrigo Paz assume clairement une ligne plus favorable aux États-Unis et à l’Occident, rompant avec l’orientation anti-américaine et anti-israélienne qui caractérisait les années Morales.
Mais ce virage diplomatique est devenu un angle d’attaque majeur pour ses opposants de gauche, qui l’accusent d’abandonner l’identité « anti-impérialiste » historique de la Bolivie. Plusieurs mouvements proches d’Evo Morales dénoncent notamment le rapprochement avec Washington et Jérusalem dans le contexte de la guerre à Gaza.
Ces tensions politiques s’ajoutent à une crise économique majeure marquée par l’inflation, les pénuries de carburant et la flambée du coût de la vie. Depuis plusieurs semaines, des manifestations violentes secouent le pays, le Parlement a, de ce fait, autorisé Rodrigo Paz à instaurer l’état d’urgence et à exercer des pouvoirs élargis pour rétablir l’ordre.
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