L'organe directeur de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye a annoncé cette nuit (lundi à mardi) la suspension de Karim Khan de ses fonctions de procureur en chef, selon l'agence Reuters. Les États membres de la Cour doivent désormais se prononcer dans les prochains jours sur une éventuelle destitution définitive.
Cette décision fait suite à une enquête interne des Nations Unies portant sur des faits graves : Khan est soupçonné d'avoir harcelé et abusé sexuellement d'une de ses collaboratrices sur une longue période.
Selon les éléments rendus publics, la victime avait rapporté les faits il y a environ deux ans à un membre du personnel de la Cour, qui avait alors confronté Khan. Le procureur avait reconnu les faits et estimé lui-même qu'il devrait probablement démissionner avant d'ajouter, selon des témoignages, la phrase suivante : « Si je fais ça, les gens penseront que je fuis la Palestine. », alors qu'il travaillait sur les plaintes déposées contre le Premier ministre et le ministre de la Défense israéliens.
Dans un premier temps, Khan avait tenté de discréditer la plainte en affirmant qu'elle s'inscrivait dans une initiative anti-israélienne. Mais une enquête approfondie du quotidien britannique The Guardian a formellement démenti cette version : aucun acteur extérieur n'a été impliqué dans le dépôt de la plainte, jugée entièrement authentique.
La réaction israélienne a été immédiate. L'ambassadeur d'Israël aux Nations Unies, Danny Danon, a déclaré que la décision de suspendre Khan « prouve que cette institution est corrompue jusqu'à la moelle ». Il a appelé à « annuler les actes d'accusation délirants contre le Premier ministre Netanyahou. »