À la demande des partis orthodoxes, la Knesset doit examiner en première lecture une nouvelle Loi fondamentale consacrée à l’étude de la Torah. Présentée par ses promoteurs comme une affirmation du caractère juif de l’État et de l’importance de l’étude religieuse, elle suscite un tollé dans les rangs de l'opposition, y voit une tentative de modifier l’équilibre entre service militaire et étude en yeshiva.
Le texte est particulièrement bref. Son premier article définit l’étude de la Torah comme une « valeur fondamentale du patrimoine du peuple juif ». Le second affirme que l’État d’Israël doit encourager l’étude de la Torah et reconnaît ceux qui s’y consacrent durablement comme accomplissant un « service significatif » envers l’État et le peuple juif.
Si le premier volet fait relativement consensus, le second concentre l’essentiel des critiques. Les opposants estiment qu’il pourrait ouvrir la voie à une assimilation progressive du statut des étudiants de yeshiva à celui des soldats de Tsahal.
Les partisans du texte soulignent toutefois qu’il s’agit avant tout d’une loi déclarative, sans conséquence immédiate sur la législation existante. Selon cette lecture, ni les règles de conscription ni les droits accordés aux étudiants des yeshivas ne seraient automatiquement modifiés. Toute tentative d’en tirer des conséquences pratiques devrait, en outre, être soumise à l’examen de la Cour suprême.
D’autres juristes estiment néanmoins que l’inscription de ce principe dans une Loi fondamentale pourrait avoir des effets indirects. Des ministères pourraient ainsi s’appuyer sur ce texte pour étendre certains avantages accordés aux militaires – notamment dans les domaines du logement, des transports ou de certaines aides publiques – aux étudiants de yeshiva.
Les détracteurs de la réforme redoutent également que cette loi ne serve, à terme, à rétablir certains avantages retirés aux étudiants haredim après l’annulation par la Cour suprême de la précédente loi sur la conscription.