L’« affaire des sous-marins » en Israël, dite Affaire 3000, est un scandale de corruption lié à l’achat de sous-marins et de navires militaires à l’allemand ThyssenKrupp.
Des proches du Premier ministre Benyamin Netanyahou sont soupçonnés de pots-de-vin et de trafic d’influence. Les contrats, d’un montant de plusieurs milliards, auraient donc été conclus de manière discutable. L’affaire a entraîné des inculpations et une commission d’enquête officielle qui a rendu ce dimanche ses conclusions.
La commission, présidée par l’ancien juge Asher Grunis, pointe les failles systémiques de l’État dans cette affaire.
Le rapport dénonce un « évitement systématique » des responsabilités par l'échelon politique. Au lieu de définir des priorités claires face aux menaces, les gouvernements successifs auraient pris des décisions d'achats à coups de milliards sans vision d'ensemble. « Le Cabinet de sécurité n'était qu'une chambre d'enregistrement », fustige la commission, soulignant que les ministres validaient des contrats majeurs sans en comprendre les implications budgétaires ou stratégiques réelles.
Le rapport pointe également du doigt des dérives inquiétantes au sein de la Marine israélienne. Des officiers auraient manipulé des données pour influencer les décideurs et entretenu des liens directs et interdits avec le pouvoir politique et des intérêts commerciaux.
L'un des points les plus sensibles concerne la vente de sous-marins allemands à l'Égypte. La commission déplore une « pagaille » totale dans la gestion de ce dossier diplomatique ultra-sensible. Selon les éléments déjà connus, le Premier ministre Binyamin Netanyahou et l'ancien chef du Mossad, Yossi Cohen, sont soupçonnés d'avoir donné leur feu vert à Berlin pour cette vente, tout en dissimulant cette information cruciale à l'état-major de l'armée et au ministère de la Défense.
Si le rapport ne rend pas encore de conclusions personnelles — celles-ci étant attendues après une nouvelle phase d'auditions — il lance un avertissement solennel. La commission insiste sur le fait que les dysfonctionnements relevés ne sont pas de simples erreurs administratives, mais des menaces directes pour la sécurité du pays.
« Après le 7 octobre 2023, chacun doit comprendre que la rigueur dans la prise de décision sécuritaire n'est pas une option, c'est une nécessité existentielle », martèlent les enquêteurs. Parmi les 13 recommandations phares, la commission appelle à la création d'un organisme indépendant pour conseiller le gouvernement, afin de « briser le monopole » de l'armée sur la pensée stratégique et d'éviter que des intérêts étrangers ou personnels ne polluent les décisions d'État.
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