Moyen-Orient

Opération « Rugissement du lion » : la tête du régime iranien décimée, Khamenei présumé mort

Ce samedi matin à 8h10, Israël a frappé simultanément plusieurs sites de réunion de hauts dirigeants iraniens à Téhéran

4 minutes
28 février 2026

ParJohanna Afriat

Opération « Rugissement du lion » : la tête du régime iranien décimée, Khamenei présumé mort
Ali Khamenei Photo: Khamenei.ir https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/deed.en

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C'est un coup sans précédent dans l'histoire des conflits modernes. Ce samedi matin à 8h10, Israël a frappé simultanément plusieurs sites de réunion de hauts dirigeants iraniens à Téhéran. Le bilan présumé est vertigineux : le Guide suprême Ali Khamenei, son conseiller le plus proche, le commandant des Gardiens de la révolution, le ministre de la Défense, le chef d'état-major de l'armée et le ministre du Renseignement auraient tous été tués lors des premières vagues de frappes. Israël se montre « prudemment optimiste », sans confirmer officiellement les éliminations.

Un plan mûri pendant des mois

L'opération n'a rien d'improvisé. Le plan opérationnel a été élaboré sur plusieurs mois, reposant sur un travail de renseignement minutieux destiné à identifier une fenêtre d'opportunité — un rassemblement simultané de l'ensemble de la hiérarchie du régime. La décision de frapper le matin, et non la nuit comme à l'accoutumée, visait à obtenir un second effet de surprise, malgré les importants préparatifs défensifs iraniens. Au sein de l'unité de ciblage du renseignement militaire, le nombre de cibles aurait été multiplié par plusieurs centaines dans les semaines précédant l'opération. Des sources américaines précisent que c'est Israël, et non Washington, qui est à l'origine des frappes visant spécifiquement les dirigeants du régime.

Khamenei, 86 ans, au pouvoir depuis 35 ans

La cible la plus symbolique est Ali Khamenei lui-même. Âgé de 86 ans et en mauvaise santé depuis plusieurs années, le Guide suprême dirigeait la République islamique d'une main de fer depuis 1989. Depuis l'opération « Eveil du lion », il était réfugié dans un bunker à Téhéran avec sa famille. Ce matin, des images satellites de sa résidence ont montré d'importants dégâts et une épaisse fumée s'élevant des décombres.

Formé dans les séminaires de Qom, proche de Khomeini - son prédécesseur - dès son exil parisien, rescapé d'une tentative d'assassinat en 1981 qui lui avait coûté l'usage de sa main droite — « il me suffit que mon cerveau et ma langue fonctionnent », avait-il alors déclaré — Khamenei avait bâti au fil des décennies un empire de l'ombre, finançant le Hezbollah et l'ensemble de « l'axe de résistance », tout en réprimant brutalement chaque vague de contestation intérieure.

Shamkhani, Fakhpour, Nasir Zadeh, Mousavi : les piliers du régime visés

Parmi les autres hauts responsables présumés tués figure Ali Shamkhani, conseiller intime de Khamenei et secrétaire du Conseil suprême de défense — qui avait déjà survécu de justesse à une frappe lors de l'opération « Eveil du lion », restant coincé trois heures sous les décombres de sa résidence. Deux jours avant les frappes de ce matin, il évoquait encore la possibilité d'un accord nucléaire entre Téhéran et Washington.

Le général Mohammad Fakhpour, commandant des Gardiens de la révolution, aurait lui aussi été tué. Il n'avait été nommé à ce poste qu'en juin dernier, après l'élimination de son prédécesseur Hossein Salami lors de la même opération « Eveil du lion ». Le mois dernier, il participait encore à la répression des manifestations qui secouent l'Iran, qualifiant les protestations de « ligne rouge ».

Le ministre de la Défense Aziz Nasir Zadeh, ancien chef d'état-major de l'armée de l'air, avait averti dès sa prise de fonctions en août 2024 qu'Israël « avait franchi les lignes rouges » et promis une riposte « ferme » en cas d'attaque. Le chef d'état-major Abd al-Rahim Mousavi, nommé lui aussi après l'élimination de son prédécesseur lors d'« Am Kalavi », avait déclaré au début du mois que « toute action militaire contre l'Iran infligerait à ses ennemis un prix lourd et irréversible ». Enfin, le ministre du Renseignement Esmail Khatib, sous sanctions américaines depuis 2022 pour cybercriminalité, avait averti en novembre dernier qu'Israël « tenterait de nuire au Guide suprême ». Il ne croyait pas si bien dire.

Un régime décapité, une succession incertaine

Si les éliminations sont confirmées, l'Iran se retrouverait privé en quelques heures de l'intégralité de son commandement politique et militaire. La question de la succession de Khamenei — déjà posée depuis des années en raison de son état de santé — se poserait désormais dans un contexte de chaos et de guerre ouverte.

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