Pour l’instant, la réponse est nuancée. Quelques mesures ont bien été prises, mais il est encore trop tôt pour parler d’une application effective ou d’un démantèlement réel des infrastructures du Hezbollah. Dès le 3 mars, des signes d’action sont apparus. Selon le média libanais indépendant Al-Modon, le représentant du gouvernement auprès du tribunal militaire, le juge Claude Rannem, a émis des convocations à comparaître visant les responsables des tirs de roquettes vers Haïfa. L’enquête a été élargie à tout tir de roquettes ou de drones depuis le territoire libanais. Parallèlement, l’armée libanaise a installé plusieurs barrages et points de contrôle sur les axes menant vers le sud, réduisant ainsi la liberté de circulation dont bénéficiaient jusqu’ici des éléments liés au Hezbollah.
Le 5 mars, un premier bilan a été évoqué. Selon le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, 23 suspects, dont des membres du Hezbollah, ont été arrêtés après avoir été trouvés en possession d’armes personnelles, de mitrailleuses et d’équipements militaires. Cinq d’entre eux ont déjà été transférés devant la justice militaire. Les autorités auraient également saisi un missile antichar de type Kornet.
Dans les jours suivants, Beyrouth a tenté de maintenir cette dynamique. Le 10 mars, la France a salué publiquement la décision libanaise d’interdire l’activité militaire du Hezbollah et de l’obliger à remettre ses armes. Des ministres européens des Affaires étrangères auraient également exprimé leur soutien au gouvernement libanais, signe que Beyrouth espère tirer un bénéfice diplomatique de cette initiative.
Mais plusieurs éléments importants manquent encore. Aucune nouvelle législation n’a été adoptée au Parlement, aucune série de règlements complémentaires n’a été annoncée, et aucun mécanisme institutionnel complet n’a été mis en place pour appliquer la décision – par exemple la fermeture systématique de bureaux, d’organisations ou d’infrastructures liées à la branche armée du Hezbollah.
Autrement dit, il s’agit pour l’instant d’une décision gouvernementale accompagnée de premiers gestes sécuritaires et judiciaires, mais pas encore d’une réforme institutionnelle de grande ampleur.
Plusieurs sources arabes décrivent la situation comme un véritable test pour l’État libanais. Le 10 mars, Asharq Al-Awsat estimait que la décision n’avait toujours pas été traduite en application concrète et significative.
Aucune indication publique ne montre pour l’instant que Beyrouth a réussi à atteindre le cœur de la chaîne de commandement du Hezbollah. Des arrestations ont eu lieu et des armes ont été saisies, mais aucun responsable direct des tirs de roquettes n’aurait été arrêté et aucune infrastructure centrale du mouvement n’aurait été démantelée.
Le signe le plus évident reste la poursuite voire le redoublement des tirs du Hezbollah vers Israël depuis le 2 mars, preuve que l’État libanais n’a pas encore réussi à imposer pleinement son autorité.
Dans ce contexte, il faut lire avec prudence une information publiée par le quotidien libanais Al-Akhbar, proche du Hezbollah, selon laquelle Washington demanderait à Beyrouth de désigner l’ensemble du Hezbollah - politique et militaire - comme organisation terroriste.
Cette affirmation n’a pas été confirmée par des sources officielles américaines ou libanaises. Mais plusieurs sources arabes indiquent que les pays occidentaux accentuent la pression sur Beyrouth pour qu’il applique réellement sa décision, tandis qu’Israël continue de maintenir la pression militaire tant qu’aucun changement tangible n’est observé sur le terrain et envoie un message qu Liban : si la situation perdure nous frapperons des intérêts nationaux.
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