Figure centrale du pouvoir iranien, Ghalibaf s’impose aujourd’hui comme l’un des hommes les plus influents du système. Depuis l’élimination d’Ali Larijani, son poids politique s’est encore renforcé. Proche des Corps des Gardiens de la révolution islamique, il appartient au cercle restreint des décideurs capables de naviguer entre pouvoir civil et appareil sécuritaire.
Né en 1961 près de Mashhad, bastion traditionnel des élites du régime, Ghalibaf est un pur produit de la République islamique. Sa trajectoire commence sur le front de la guerre Iran-Irak, passage obligé d’une génération de dirigeants. Engagé d’abord dans le Bassidj puis dans les Gardiens de la révolution, il gravit rapidement les échelons et tisse des liens étroits avec des figures clés comme Qassem Soleimani.
Après la guerre, il convertit son capital militaire en influence politique. Il dirige le puissant conglomérat économique des Gardiens de la révolution, puis prend la tête de leur force aérienne, tout en poursuivant des études en géopolitique. Une double casquette, sécuritaire et technocratique, qui façonne son image.
Durant les manifestations étudiantes de 1999, il adopte une ligne dure, allant jusqu’à soutenir la possibilité d’une intervention militaire contre les protestataires. Cette posture, loin de l’affaiblir, consolide sa place dans un système qui privilégie la stabilité à l’ouverture politique. Nommé chef de la police en 2000 par Ali Khamenei, il tente de moderniser l’institution tout en renforçant le contrôle de la société civile. Il se lance ensuite en politique, briguant à plusieurs reprises la présidence, sans jamais parvenir à s’imposer durablement face à des figures comme Hassan Rouhani ou Ebrahim Raïssi.
Maire de Téhéran pendant douze ans, il se construit une réputation d’homme d’action, pilotant de grands projets urbains, mais reste éclaboussé par des accusations de corruption qui ternissent son image.
Depuis 2020, il préside le Parlement iranien. Un poste moins puissant que les centres névralgiques du régime, mais qui lui assure une place au cœur du jeu politique. Sa force réside ailleurs : dans sa capacité à incarner plusieurs visages à la fois - général, gestionnaire, politicien pragmatique - tout en restant profondément loyal au système.
Ghalibaf incarne ainsi un modèle typique du régime iranien : celui du survivant. Un homme capable de traverser les crises, de s’adapter aux rapports de force et de rester au cœur du pouvoir, même sans accéder à son sommet. Dans le contexte actuel de guerre et de recomposition interne, il incarne la résilience du pouvoir iranien et son influence pourrait encore croître...mais sa survie politique à long terme reste incertaine.
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