Moyen-Orient

La guerre énergétique s’étend désormais aux infrastructures civiles

Ports, eau, énergie et industrie lourde sont désormais touchés bien au-delà du face-à-face direct entre Israël et l’Iran.

3 minutes
30 mars 2026

ParDelphine Miller

La guerre énergétique s’étend désormais aux infrastructures civiles
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L’énergie n’est plus la seule ligne de front

À mesure que la guerre s’installe dans la durée, le front ne se limite plus aux bases militaires ni aux centres de commandement. De plus en plus d’infrastructures civiles ou à usage dual sont touchées à travers la région, signe d’un conflit qui déborde désormais sur les piliers mêmes de la vie économique. Lundi 30 mars, un réservoir d’essence et un bâtiment industriel du complexe pétrolier Bazan à Haïfa ont été touchés, sans interrompre la production.

Cette extension du conflit se lit aussi dans le Golfe. Ces derniers jours, des frappes iraniennes ont visé deux géants de l’aluminium : Aluminium Bahrain et l’usine Al Taweelah d’Emirates Global Aluminium, aux Émirats arabes unis. Le signal est important, car il ne s’agit plus seulement de menacer les routes maritimes ou les exportations pétrolières, mais de frapper directement des capacités de production stratégiques. Dans une région qui pèse lourd dans l’offre mondiale de certains métaux industriels, ces attaques ont immédiatement ravivé les craintes d’un choc d’approvisionnement et d’une nouvelle hausse des prix.

Le danger touche aussi les infrastructures vitales du quotidien. Au Koweït, une attaque iranienne a visé une centrale électrique et une usine de désalinisation, causant la mort d’un travailleur indien. Ce type de cible marque un tournant supplémentaire : au-delà de l’énergie et de l’industrie, ce sont aussi l’eau et l’électricité, donc la continuité même de la vie civile, qui entrent dans la zone de risque. Dans le même esprit, l’incident survenu au port de Salalah, à Oman, a endommagé des équipements portuaires et perturbé les opérations logistiques, illustrant l’effet immédiat de ces frappes sur le commerce régional.

Une guerre qui menace toute l’économie régionale

Au-delà des dégâts matériels, l’enjeu devient désormais juridique et stratégique. Devant l’ONU, plusieurs États du Golfe ont dénoncé les attaques iraniennes contre leurs infrastructures, évoquant une menace existentielle pour la sécurité régionale. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a lui aussi averti que certaines frappes contre des installations civiles pourraient relever de crimes de guerre.

En parallèle, le détroit d’Ormuz reste au cœur des inquiétudes : ce passage concentre habituellement près de 20 % des flux mondiaux de pétrole et de gaz. Mais la menace ne s’arrête pas là. Plus au sud, le détroit de Bab el-Mandeb, en mer Rouge, redevient lui aussi une zone de très forte tension, sur fond de menaces houthies contre la navigation. Le risque, désormais, est celui d’un double étranglement maritime : Ormuz pour l’énergie, Bab el-Mandeb pour le commerce international.

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