La Banque d'Israël a abaissé ce lundi son taux directeur de 4 % à 3,75 %, poursuivant ainsi le cycle de détente monétaire amorcé fin 2025. Cette décision intervient malgré la récente hausse de l’inflation et dans un contexte de forte appréciation du shekel, alors que le dollar est tombé à 2,89 shekels, son plus bas niveau depuis le début des années 1990.
La banque centrale estime que l’inflation, portée en avril par des facteurs saisonniers et la hausse des prix de l’énergie, devrait rester dans sa fourchette cible de 1 % à 3 % au cours de l’année. Elle souligne également que l’appréciation du shekel contribue à réduire le coût des importations et pourrait freiner les tensions inflationnistes.
Le Comité monétaire a toutefois reconnu que l’économie israélienne restait affectée par un contexte géopolitique incertain. Selon la Banque d’Israël, le produit intérieur brut s’est contracté à un rythme annuel de 3,3 % au premier trimestre 2026 à la suite de l’opération « Rugissement du Lion », même si des signes de reprise commencent à apparaître.
Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a vivement critiqué la décision de la Banque d'Israël, regrettant que la baisse ne soit pas plus conséquente. « La décision du gouverneur de baisser les taux d'intérêt est insuffisante et tardive. L'économie israélienne a besoin d'une baisse plus marquée. De notre côté, en tant que gouvernement, nous gérons le budget de l'État de manière responsable et l'impact sur les marchés est clairement perceptible. Le gouverneur aurait dû baisser les taux d'intérêt plus fortement afin de faciliter la tâche des exportateurs, des ménages et des chefs d'entreprise », a déclaré Smotrich.
Cette modeste baisse de taux a également été dénoncée par l’Association des fabricants, qui espérait une réduction plus importante afin de soutenir les exportateurs pénalisés par la hausse du shekel. L’organisation estime que le maintien de taux relativement élevés en Israël accentue l’afflux de capitaux étrangers et renforce davantage la monnaie locale, au détriment de l’industrie et du secteur technologique.
Son président, Ron Tomer, a dénoncé une décision « déconnectée de la réalité économique », avertissant que le retard pris dans l’assouplissement monétaire pourrait accélérer les délocalisations et fragiliser l’emploi industriel.
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