LeJewish People Policy Institute -JPPI-, a analysé près d’une décennie de communications officielles des institutions européennes et passé au crible plus de 24 000 communiqués et déclarations du Service européen pour l’action extérieure -SEAE-, le bras diplomatique de l’Union européenne. 3 584 documents ont été jugés pertinents pour l’étude, dont 895 portant directement sur Israël.
À l’aide d’outils d’intelligence artificielle et d’analyse de sentiment, les chercheurs ont évalué le ton des déclarations européennes, classées comme positives, neutres ou négatives. Sur l’ensemble de la période étudiée, de 2017 à 2026, 38 % des déclarations concernant Israël ont été jugées négatives, 49 % neutres et seulement 13 % positives. Mais l’évolution observée après le 7 Octobre est particulièrement marquée.
Avant les attaques du Hamas, 29 % des déclarations européennes concernant Israël étaient classées comme négatives. Depuis le début de la guerre, cette proportion a grimpé à près de 46 %, soit une hausse d’environ 60 %. Dans le même temps, la part des déclarations positives est passée de près de 20 % à seulement 8 %.
Les auteurs de l’étude soulignent que, si l’Union européenne a continué à condamner le Hamas, à reconnaître le droit d’Israël à se défendre et à appeler à la libération des otages, la prolongation du conflit a progressivement déplacé l’attention vers la situation humanitaire à Gaza, la question des implantations et les développements en Judée-Samarie. Plusieurs déclarations ont ainsi évoqué le risque de famine, réclamé un cessez-le-feu ou critiqué directement certains ministres du gouvernement israélien.
L’étude révèle également qu’un peu plus de la moitié des déclarations européennes concernant Israël contiennent des références à la solution à deux États. Les expressions telles que « État palestinien » ou « solution à deux États » apparaissent dans 50,1 % des documents analysés, illustrant la place centrale de cette approche dans la diplomatie européenne, alors même qu’elle occupe aujourd’hui une place beaucoup plus marginale dans le débat politique israélien.
La comparaison avec d’autres pays met également en lumière certaines différences. Israël fait partie des États les plus critiqués par les institutions européennes, mais l’Iran demeure le pays faisant l’objet du ton le plus négatif. Toutefois, les critiques visant Téhéran concernent principalement les questions sécuritaires, notamment son soutien à la Russie dans la guerre en Ukraine, tandis que celles adressées à Israël portent essentiellement sur le conflit israélo-palestinien et les enjeux humanitaires.
À l’inverse, le Qatar bénéficie d’une image particulièrement favorable au sein des institutions européennes. Plus des deux tiers des déclarations le concernant ont été classées comme positives. La Turquie, malgré les critiques récurrentes concernant les droits de l’homme et l’état de sa démocratie, fait quant à elle l’objet d’un traitement majoritairement neutre.
Ces résultats traduisent l’existence d’un « double standard » dans l’attitude de l’Union européenne envers Israël, comme celle de l'ONU.
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