Société

Aliénation parentale : les tribunaux rabbiniques passent à l'offensive

L'arsenal de sanctions prévu qui marque une rupture

3 minutes
3 juin 2026

ParJohanna Afriat

Aliénation parentale : les tribunaux rabbiniques passent à l'offensive
Illustration iStock

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ActuJ

C'est une petite révolution dans le monde du droit familial israélien. Le président de la haute cour rabbinique, le grand rabbin David Yossef, a signé une nouvelle procédure contraignante destinée à transformer en profondeur le traitement des cas d'aliénation parentale — ce phénomène douloureux par lequel un enfant est progressivement coupé de l'un de ses parents, souvent dans le contexte d'un divorce conflictuel.

Des délais drastiquement raccourcis

Le principal reproche adressé jusqu'ici au système judiciaire dans ce type d'affaires était sa lenteur. Des procédures pouvant s'étaler sur des mois, voire des années, alors que le préjudice subi par l'enfant peut devenir irréversible. La nouvelle procédure s'attaque frontalement à ce problème : désormais, toute requête urgente concernant la relation parent-enfant devra être examinée en audience dans un délai maximum de sept jours. Une décision motivée pourra même être rendue sur la base du dossier en 72 heures seulement. Les délais de remise des rapports d'experts et des analyses seront également encadrés, et tout écart devra être justifié par écrit.

Un mécanisme de contrôle inédit accompagne ces nouvelles règles : les présidents des tribunaux régionaux devront rendre compte semestriellement au président de la Cour suprême de tout dossier s'écartant du cadre établi.

Des sanctions musclées

Au-delà des délais, c'est l'arsenal de sanctions prévu qui marque une rupture. Les juges pourront désormais engager des poursuites pour outrage au tribunal, infliger des amendes, réduire voire suspendre la pension alimentaire en cas de refus de contact, et même contraindre le parent responsable de l'aliénation à financer des soins privés pour rétablir le lien avec l'autre parent.

La mesure la plus radicale — et la plus symbolique — concerne la garde. En cas de comportement délibérément destructeur d'un parent à l'égard du lien entre l'enfant et l'autre parent, les tribunaux pourront envisager le transfert pur et simple de la garde, voire un placement temporaire chez un tiers dans un cadre thérapeutique. « Un outil de dernier recours », précise le système judiciaire, mais dont la simple inscription dans la procédure envoie un message sans ambiguïté.

L'intérêt de l'enfant, priorité absolue

La procédure pose un principe clair : le droit de l'enfant à un contact continu et approprié avec ses deux parents est un droit fondamental, ancré à la fois dans le droit civil et dans la Halakha. Elle prévoit néanmoins une exception tout aussi nette : en cas de violence, de maltraitance ou de danger réel, la protection de l'enfant primera sur tout autre considération.

Le rabbin David Yossef a résumé l'esprit de la réforme sans détour : « Ces dispositions visent à éliminer ou à atténuer les souffrances infligées aux enfants vulnérables victimes d'aliénation parentale. Ils n'ont aucun protecteur et se tournent vers nous. »

Les nouvelles règles sont entrées en vigueur immédiatement après leur publication au Journal officiel (Reshumot). Pour des milliers de familles en conflit, elles pourraient changer concrètement la donne.

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