Cent jours après la mort d’Ali Khamenei dans une frappe contre son bureau à Téhéran, l’Iran n’a toujours pas enterré officiellement celui qui a dirigé la République islamique pendant plus de trente ans. Selon des informations rapportées par Iran International, les autorités avaient pourtant envisagé une vaste procession funéraire traversant plusieurs villes du pays avant une inhumation finale à Machhad, ville sainte du nord-est de l’Iran. Jusqu’à présent, aucun de ces projets n’a vu le jour.
Un retard d’autant plus remarquable qu’il va à l’encontre de la tradition chiite, qui privilégie généralement un enterrement rapide des défunts.
L’absence de funérailles nourrit de nombreuses interrogations. Plusieurs responsables militaires et politiques tués lors de la même campagne militaire ont déjà été enterrés. Dans certains cas, leurs corps n’ont été identifiés qu’après des analyses ADN en raison de l’ampleur des destructions causées par les frappes. Cette situation alimente donc les spéculations sur l’état de la dépouille de Khamenei et sur les difficultés auxquelles le régime serait confronté pour organiser une cérémonie nationale à la hauteur de son statut.
Les interrogations concernent également son successeur, Mojtaba Khamenei, qui n’est plus apparu publiquement depuis l’attaque. Les autorités affirment qu’il a survécu et n’a été que légèrement blessé, mais des rumeurs persistantes évoquent un état de santé beaucoup plus grave.
Pour le pouvoir iranien, l’équation est délicate. Une apparition publique de Mojtaba Khamenei permettrait de démontrer la continuité du régime, mais pourrait également l’exposer à d’éventuelles menaces sécuritaires. À l’inverse, son absence prolongée alimente les spéculations sur sa capacité réelle à exercer le pouvoir.