Pour la première fois depuis les violents affrontements survenus dans les collines de Benjamin au cours du week end dernier, le commandant du bataillon de réserve 7114, le lieutenant-colonel (rés.) G., s’exprime publiquement. Dans une interview exclusive accordée au supplément hebdomadaire du journal Israel Hayom, il revient en détail sur cette nuit chaotique qui l’a propulsé au cœur d’une vive polémique et d'une campagne de diffamation.
Le haut gradé, qui commande une unité de réserve opérant dans la région, décrit un face-à-face tendu avec des dizaines de jeunes extrémistes désignés comme "jeunes des collines", certains armés de couteaux, qui ont attaqué ses soldats. « À aucun moment, nous n’avons envisagé l’usage de balles réelles », affirme-t-il. « Mes hommes savaient qu’il s’agissait d’une mission face à des Juifs. Je leur ai clairement dit : quoi qu’il arrive, nous n’ouvrirons pas le feu à balles réelles. »
Une escalade rapide
L’alerte a été donnée alors que G. se trouvait encore à table pour le dîner de Shabbat. Un message lui signalait que des Israéliens tentaient à nouveau de s’introduire à Givat Baal Hatzor, une implantation illégale déjà évacuée à trois reprises par les forces de sécurité dans les jours précédents. La crainte : que le groupe pénètre dans le village palestinien voisin de Kfar Mialik pour y provoquer des troubles.
Lors de l’intervention, les affrontements se sont intensifiés : la jeep militaire a été vandalisée, des pierres et des rochers ont été lancés sur les soldats, et l’un d’eux a été brièvement étranglé. « Sur une vidéo, on me voit courir et intervenir, en me raccrochant à un adolescent pour séparer les belligérants », relate le commandant.
Tir de sommation, adolescent blessé
Le pic de violence est survenu lorsque des dizaines d’individus masqués ont attaqué une patrouille stationnée sur l’axe Alon. Pris de court et dans l’incertitude, le commandant de peloton, ne sachant s’il avait affaire à des terroristes ou à des Israéliens, a tiré en l’air pour disperser les assaillants. D’après les premiers éléments, un garçon de 14 ans, posté sur un échafaudage, aurait été blessé.