Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne ont activé ce jeudi le processus de rétablissement des sanctions internationales contre Téhéran, donnant 30 jours à l'Iran pour faire des concessions sur son programme nucléaire.
Les trois puissances européennes ont officiellement notifié au Conseil de sécurité de l'ONU l'activation du mécanisme de "snapback", ce dispositif qui permet de rétablir automatiquement toutes les sanctions internationales contre l'Iran en vigueur avant l'accord nucléaire de 2015.
Un ultimatum de 30 jours
Le compte à rebours a commencé. Le Conseil de sécurité dispose désormais de 30 jours pour approuver une résolution prolongeant les concessions accordées à l'Iran il y a près d'une décennie. Si cette approbation n'intervient pas - ce qui semble hautement probable - l'ensemble des sanctions onusiennes tombées en 2015 reviendront mécaniquement en vigueur.
"Nous consacrerons les 30 prochains jours à tenter de résoudre nos différends avec Téhéran", ont précisé les Européens dans leur lettre au Conseil de sécurité, appelant l'Iran à "engager des contacts diplomatiques" pour apaiser les inquiétudes sur son programme nucléaire.
L'échec des négociations de Genève
Cette décision fait suite à l'impasse des discussions tenues mardi à Genève entre responsables iraniens et représentants du "E3" (Royaume-Uni, France, Allemagne). Ces négociations, destinées à désamorcer la crise nucléaire, se sont soldées par un échec cuisant, l'Iran n'ayant pris aucun engagement concret selon plusieurs diplomates.
Pourtant, les puissances européennes avaient clairement posé leurs conditions ce mois-ci : si pas d'accord sur le nucléaire d'ici fin août, les sanctions reviendraient. Elles demandaient notamment le retour de l'Iran à des négociations directes avec Washington - catégoriquement refusé par Téhéran - et la reprise des inspections de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Les raisons de cette escalade sont claires : l'Iran a systématiquement violé les termes de l'accord depuis le retrait américain de 2018 sous Donald Trump. Cette année, la République islamique a accumulé plus de 400 kilogrammes d'uranium enrichi à 60%, un niveau dangereusement proche du seuil militaire de 90%.