23 mois après l'attaque du Hamas qui a déclenché la guerre des "Épées de Fer", Tsahal a franchi un seuil tragique : 900 soldats ont perdu la vie depuis le début le 7 octobre 2023. Ce chiffre, impensable il y a encore quelques années, témoigne de l'intensité et de la durée d'une guerre dont on ne voit pas la fin.
Une escalade meurtrière après la trêve
Si le mois de mars 2025 a offert un répit avec un cessez-le-feu dans le cadre des négociations sur les otages, la reprise des hostilités a rapidement fait remonter les pertes. Les opérations "Force et Glaive", puis "Chars de Gédéon" ont marqué un tournant meurtrier.
Juin a été particulièrement funeste avec 21 soldats tués à Gaza, le bilan le plus lourd depuis les premiers mois du conflit. Juillet a suivi avec 18 morts, beaucoup dans des accidents opérationnels - révélateur de l'usure des troupes après près de deux années de guerre ininterrompue.
Les deux derniers soldats tombés ce mois-ci illustrent tragiquement les défis opérationnels auxquels fait face Tsahal. Le lieutenant Uri Gerlitz est mort la semaine dernière dans l'explosion d'une bombe israélienne, tandis que le lieutenant-colonel de réserve Ariel Lubliner, dont le décès a été annoncé samedisoir, aurait été tué par des tirs de forces israéliennes.
Un terrible bilan
Sur les 900 victimes, 311 sont mortes les 7 et 8 octobre lors de l'attaque initiale et des combats pour libérer les localités assiégées. Depuis, 589 autres soldats ont perdu la vie, dont 456 lors des opérations terrestres dans la bande de Gaza.
Les réservistes représentent une part importante du sacrifice à Gaza avec 295 morts, contre 154 militaires d'active. Géographiquement, Jérusalem paie le plus lourd tribut avec 71 victimes, suivie de Modi'in (25), Tel Aviv (24) et Haïfa (21).
La brigade Golani en première ligne
La brigade Golani détient le triste record avec 114 morts depuis octobre, dont 71 dès le 7 octobre lorsque ses soldats gardaient les postes frontaliers de Gaza. Les bataillons 13 et 51 ont été particulièrement touchés avec respectivement 49 et 43 victimes.
Le génie de combat a également payé un lourd tribut avec 79 morts, principalement lors des opérations terrestres. Parmi eux, 17 appartenaient à l'unité d'élite Yahalom et 17 autres à l'unité 601.
Les autres brigades d'infanterie ont aussi subi de lourdes pertes : Givati compte 70 morts, Nahal 61 (dont 20 dès le 7 octobre), et les parachutistes 47. La brigade Kfir, engagée pour la première fois dans une opération terrestre à Gaza depuis sa création en 2005, déplore 35 victimes.
Les unités d'élite n'ont pas été épargnées. La Brigade Commando compte 45 morts, dont 16 de l'unité Maglan, 14 d'Egoz et 12 de Duvdevan. Neuf membres de Shaldag et autant de Sayeret Matkal ont également péri, ainsi que dix soldats de l'Unité Multidimensionnelle (888).
Les brigades blindées, fer de lance des opérations terrestres, ont subi de lourdes pertes : 32 morts dans la 401e brigade, 29 dans la 7e brigade, 13 dans la 188e et 9 dans la 460e.
Des milliers de soldats blessés
Au-delà des décès, 6 213 soldats ont été blessés durant le conflit. Parmi eux, 925 sont dans un état grave, 1 540 modérément blessés et 3 748 légèrement touchés. Les opérations terrestres à Gaza ont causé 2 883 blessures à elles seules.
Aujourd'hui, 10 soldats restent hospitalisés dans un état grave, 144 en état modéré et trois légèrement blessés.