À compter du 1er décembre, le prix réglementé du litre d’essence 95 en libre-service en Israel passera à 7,11 shekels, soit une augmentation de 4 agorot par rapport au mois de novembre (7,07 NIS). Depuis le début de la guerre en octobre 2023, les automobilistes israéliens n’ont jamais vraiment vu les prix reculer durablement. Fin 2023, le litre s’établissait encore autour de 6,94 shekels grâce aux subventions gouvernementales sur la taxe d’accise. Mais dès janvier 2024, avec la réduction de ces aides, le prix a franchi le seuil des 7,20 shekels, avant d’atteindre des pics proches de 7,30 shekels début 2025, selon les données officielles du ministère de l’Énergie.
Ces derniers mois, une relative stabilité s’est installée entre 7,10 et 7,20 shekels le litre, sans réel soulagement pour les ménages. En comparaison internationale, la situation reste nettement défavorable aux conducteurs israéliens. En France, le prix moyen du SP95/SP95-E10 se situe autour de 1,72 euro le litre, soit environ 6,5 shekels au taux de change actuel. L’écart atteint donc près de 60 agorot par litre, soit environ 30 shekels sur un plein de 50 litres.
Cette différence de prix s’explique d’abord par l’origine même de l’essence. Israel ne produit quasiment pas de pétrole brut et importe la totalité de son approvisionnement, principalement par voie maritime depuis l’Azerbaïdjan, le Kazakhstan ou les États-Unis. Le prix est donc directement exposé aux fluctuations du baril décidées sur les marchés internationaux dominés par l’OPEP, au cours du dollar, aux coûts du transport maritime et aux primes d’assurance élevées liées au contexte sécuritaire régional. À cela s’ajoute une fiscalité importante, avec une taxe d’accise fixe qui pèse lourd dans le prix final malgré les allègements temporaires consentis depuis la guerre.
En France, même si le pays importe lui aussi l’essentiel de son pétrole, l’intégration dans un vaste marché européen, les volumes d’achat bien plus importants, les capacités de stockage stratégiques et un réseau logistique continental moins exposé aux risques géopolitiques permettent d’amortir davantage les chocs internationaux. Résultat : l’essence y reste sensiblement moins chère qu’en Israël.
Malgré une hausse limitée ce mois-ci, le prix à la pompe reste donc structurellement élevé pour les Israéliens. Une charge supplémentaire pour les ménages, déjà confrontés à un coût de la vie en forte hausse et à un effort économique de guerre sans précédent.