Le massacre du festival Nova, le 7 octobre 2023, n’a pas seulement ouvert l’un des chapitres les plus sanglants de l’histoire récente d’Israël. Il a aussi laissé derrière lui des milliers de survivants engagés dans une lutte invisible contre un traumatisme profond, souvent mal pris en charge. Parmi eux, Shirel Golan, jeune Israélienne rescapée de l’attaque, dont le décès a ravivé le débat sur l’abandon psychologique des survivants civils.
Selon une longue enquête publiée début janvier 2026 par Ynet en collaboration avec l’organisation Shomrim, l’état psychologique de plusieurs rescapés du festival s’est gravement dégradé dans les mois ayant suivi l’attaque terroriste menée par le Hamas. Dépressions sévères, ruptures sociales, hospitalisations répétées et perte de repères rythment le quotidien de jeunes adultes qui, bien qu’ayant survécu physiquement, ne sont jamais réellement sortis du 7 octobre. Le cas de Shirel Golan illustre cette spirale silencieuse, loin des projecteurs et des commémorations officielles.
Les données officielles confirment l’ampleur du phénomène. Lors d’une audition récente à la Knesset, l’Institut national d’assurance israélien a indiqué que sur 3 559 survivants du festival Nova reconnus par l’État, seule une minorité a réussi à reprendre une activité professionnelle stable. Une part significative demeure en situation de fragilité psychologique, parfois sans suivi thérapeutique continu, malgré les dispositifs annoncés après l’attaque.
Les professionnels interrogés par Ynet pointent une faille structurelle : ces survivants ne correspondent à aucune catégorie clairement définie. Ni soldats, ni blessés physiques, ils se retrouvent pris entre plusieurs systèmes administratifs et médicaux, sans protocole spécifique adapté à des traumatismes de guerre vécus en tant que civils. Certains témoignages évoquent des parcours de soins fragmentés, voire contre-productifs, accentuant la perte de confiance envers les institutions.
Pour de nombreux observateurs, la mort de Shirel Golan pose une question politique et morale centrale. Comment un État mobilisé sur tous les fronts militaires peut-il encore échouer à protéger celles et ceux qui ont survécu au pire massacre antisémite de ces dernières décennies ? Plusieurs experts et associations appellent à la création d’un cadre juridique dédié, inspiré des dispositifs existants pour les survivants de la Shoah ou les blessés psychiques de Tsahal, afin d’assurer un accompagnement durable, sans stigmatisation ni pression bureaucratique.
Dans un Israël confronté à une guerre prolongée et à des menaces multiples, le destin de Shirel Golan rappelle une vérité dérangeante : la victoire ne se mesure pas uniquement à la capacité de se défendre, mais aussi à celle de ne pas abandonner les siens une fois les armes silencieuses.
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