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Inquiétude dans le monde arabe : la chute du régime iranien pourrait déstabiliser toute la région

Alors que la contestation se poursuit en Iran et que plane la possibilité d’une action militaire américaine, plusieurs capitales arabes redoutent désormais qu’un effondrement du régime des ayatollahs ne provoque un chaos régional aux conséquences incontrôlables.

4 minutes
14 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Inquiétude dans le monde arabe : la chute du régime iranien pourrait déstabiliser toute la région
En vert, le monde sunnite

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La vague de protestation en Iran se poursuit, sur fond de menaces croissantes d’une éventuelle opération militaire américaine contre la République islamique. En Israël, l’attention se porte désormais sur les réactions des États arabes sunnites face à la perspective d’une chute du régime iranien.

Selon de hauts responsables sécuritaires israéliens, un changement notable s’est opéré dans le monde arabe. Là où, par le passé, plusieurs pays – au premier rang desquels l’Arabie saoudite – espéraient la fin du régime de Ali Khamenei, l’heure est aujourd’hui à l’inquiétude. La crainte dominante concerne les répercussions qu’un tel scénario pourrait avoir sur la stabilité régionale.

D’après ces sources, les États arabes redoutent qu’une chute du régime n’entraîne une grave instabilité interne en Iran, sur fond de crise économique persistante. Un tel effondrement pourrait déboucher sur une fragmentation politique du pays et, à terme, menacer la sécurité même des États du Golfe.

Dans ce contexte, le Wall Street Journal a rapporté que les États-Unis avaient récemment averti plusieurs pays du Golfe et leur avaient demandé de se préparer à une éventuelle frappe américaine contre l’Iran. Selon le quotidien, l’Arabie saoudite et d’autres capitales régionales mènent des démarches auprès de l’administration américaine afin de freiner un tel scénario.

Parallèlement, de nombreux commentateurs arabes établissent un parallèle, dans les médias et sur les réseaux sociaux, entre la situation actuelle en Iran et celle qui prévalait en Syrie avant la chute du régime de Bachar al-Assad. À leurs yeux, l’intervention israélienne en Syrie après l’effondrement du pouvoir central constitue une « sonnette d’alarme » et un exemple concret des risques liés à un vide politique dans la région.

Les services de sécurité estiment que l’Arabie saoudite, chef de file du camp sunnite rival de l’Iran, privilégie aujourd’hui avant tout sa stabilité intérieure et économique. Riyad évite toute prise de position publique en faveur du mouvement de contestation iranien, afin de préserver la mise en œuvre de la Vision 2030 portée par le prince héritier Mohammed ben Salmane, et de ne pas compromettre les investissements ni la sécurité du royaume. Pour les dirigeants saoudiens, une dégradation de la situation sécuritaire régionale aurait un impact direct sur l’économie nationale.

Selon ces mêmes sources, les États arabes ne souhaitent pas une chute brutale du régime iranien, mais cherchent au contraire à limiter les risques et à préserver un certain équilibre régional. La principale crainte porte sur le « jour d’après », perçu comme potentiellement plus dangereux et plus imprévisible que le statu quo actuel. À ce stade, l’évaluation dominante reste que le régime iranien ne se trouve pas face à un effondrement imminent.

Dans cette optique, les autorités iraniennes font preuve d’une relative retenue et s’abstiennent, pour l’instant, d’activer toute la puissance de leurs appareils sécuritaires contre les manifestants, tentant plutôt de contenir la contestation. Reste à savoir quelle ligne elles adopteront à l’avenir pour préserver leur stabilité interne face aux dynamiques de changement.

À la différence des capitales arabes, qui observent un silence prudent, la Turquie affiche un soutien public au régime iranien. Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a même appelé les autorités de Téhéran à promouvoir une « véritable réconciliation et coopération » avec les pays de la région.

Toujours selon les responsables sécuritaires, les États arabes redoutent qu’un changement de régime en Iran ne fasse émerger une direction pro-occidentale, susceptible de redevenir un « gendarme régional », en nouant des alliances directes avec les États-Unis et Israël – à l’image de l’Iran du shah Mohammad Reza Pahlavi, avant sa chute en 1979. Un tel scénario est perçu comme une menace stratégique, tant pour le monde arabe que pour la Turquie.

Du point de vue des États du Golfe et d’Ankara, il vaut mieux une Iran affaiblie mais stable qu’un pays plongé dans le chaos ou transformé en allié assumé de l’Occident et d’Israël. C’est dans cet esprit que se poursuivent des contacts discrets entre Téhéran et plusieurs capitales du Golfe, afin d’éviter un scénario d’effondrement du régime et de s’assurer qu’Israël ne soit pas en position d’imposer seul l’agenda régional.

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