Alors que le Liban n’a pas mis en œuvre sa décision de désarmer le Hezbollah malgré un ultimatum américain arrivé à échéance fin 2025, les autorités israéliennes évaluent de plus en plus sérieusement l’option d’une nouvelle opération militaire au Liban. Après un feu vert de principe attribué au président américain Donald Trump, la question centrale n’est plus seulement si Israël frappera, mais contre quel Hezbollah elle pourrait être amenée à combattre.
Depuis la fin de la dernière opération israélienne en novembre 2024, l’organisation chiite a subi des pertes lourdes. Une grande partie de sa direction a été éliminée, ses capacités militaires ont été sévèrement entamées, et ses tentatives de réarmement sont régulièrement visées par des frappes. Pour autant, le Hezbollah n’a ni disparu ni renoncé à ses fondamentaux. Son secrétaire général, Naïm Qassem, continue d’affirmer publiquement que l’organisation ne déposera pas les armes.
Un arsenal réduit mais toujours conséquent
Avant la guerre, le Hezbollah disposait d’un arsenal estimé à environ 75 000 roquettes et missiles, couvrant l’ensemble des portées. Aujourd’hui, ce stock aurait été ramené à 20 000 à 25 000 projectiles, à la suite de frappes israéliennes ciblées. Les capacités antichars ont été fortement touchées, tout comme les systèmes d’armes conventionnels avancés, notamment les missiles sol-sol, les missiles de croisière et certaines composantes de la défense aérienne. Au total, les pertes subies par le Hezbollah sont évaluées à près des deux tiers de ses capacités militaires d’avant-guerre. Un affaiblissement réel, mais qui ne suffit pas à neutraliser la menace.
Les drones, cœur de la stratégie future
Le principal changement concerne les drones. En 2006, le Hezbollah n’en possédait que quelques dizaines. Au début de la guerre récente, son parc aurait atteint environ 2 500 drones. Il en resterait aujourd’hui entre 800 et 1 000. Surtout, ces systèmes sont désormais considérés comme l’outil central de la prochaine confrontation. L’organisation cherche à développer une capacité de production de masse, avec l’objectif de pouvoir lancer des essaims de drones capables de saturer les systèmes de défense israéliens. Le Hezbollah observe attentivement les tactiques russes en Ukraine, où des centaines de drones sont utilisés simultanément, et aspire à reproduire ce modèle à l’avenir.
Un redéploiement stratégique au nord du Litani
Sur le terrain, le Hezbollah a profondément modifié son déploiement. Le front sud du Liban a été réorganisé, avec un recul du centre de gravité au nord du fleuve Litani. L’organisation a éloigné sa ligne de contact avec Israël et déplacé ses zones de préparation à l’offensive. Parallèlement, elle privilégie désormais la discrétion et la survie : moins d’apparitions en uniforme, davantage de clandestinité, et une organisation plus fragmentée. La structure militaire a été largement décentralisée, avec une multiplication de petites unités autonomes au détriment de formations lourdes et facilement détectables. Cette évolution constitue l’un des principaux enseignements tirés de la guerre.
La force Radwan privée de sa mission initiale
La force d’élite Radwan, conçue pour une incursion massive en Galilée depuis la frontière libanaise, a vu sa mission stratégique profondément remise en cause. Les infrastructures destinées à servir de plateformes de départ pour une telle offensive ont été détruites, privant le Hezbollah de cette capacité spécifique. Pour autant, la force Radwan continue d’exister. Elle compterait encore quelques milliers de combattants, un effectif comparable à celui qui existait avant le 7 octobre, même si ses possibilités opérationnelles ont été drastiquement réduites.
Le désarmement libanais, un scénario peu crédible
Malgré les déclarations officielles de Beyrouth, l’hypothèse d’un désarmement du Hezbollah par l’armée libanaise reste largement théorique. Le poids démographique du mouvement constitue son principal bouclier interne : le Hezbollah disposerait d’environ 1,5 million de soutiens, et la communauté chiite représenterait près de la moitié de la population libanaise. À cela s’ajoute la composition confessionnelle de l’armée, dont une part importante des effectifs est issue de cette même communauté. Dans ces conditions, même une nouvelle opération israélienne infligeant des dégâts sévères ne conduirait pas à la disparition de l’organisation. Le Hezbollah demeure avant tout un mouvement idéologique, structuré autour de la « résistance » à Israël, et déterminé à se reconstruire.
La stratégie israélienne : affaiblir sans relâche
Face à cette réalité, la seule option durable pour Israël apparaît comme une stratégie d’affaiblissement continu : frapper le Hezbollah de manière régulière, limiter ses capacités militaires, entraver sa reconstruction, réduire son emprise politique et institutionnelle au Liban, et s’attaquer à son principal soutien régional, l’Iran. À défaut, préviennent les responsables sécuritaires, l’organisation pourrait se reconstituer progressivement et redevenir, à terme, une menace majeure de l’autre côté de la frontière nord.
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