Moyen-Orient

Iran : alors que Washington se prépare à une possible offensive, l’après-régime est déjà sur la table

Les États-Unis évoquent ouvertement un possible effondrement du pouvoir iranien, tandis que les figures de l’opposition tentent de se positionner.

2 minutes
15 janvier 2026

ParDelphine Miller

 Iran : alors que Washington se prépare à une possible offensive, l’après-régime est déjà sur la table
Unsplah

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

Alors que les États-Unis se préparent à une éventuelle attaque contre l’Iran dans un contexte de tensions militaires croissantes, la question de l’après-chute du régime est déjà discutée au plus haut niveau à Washington. Dans un entretien accordé à Reuters, le président américain Donald Trump a estimé que le régime de Téhéran pourrait tomber à la suite des troubles actuels, tout en rappelant que « n’importe quel régime peut tomber ». Interrogé sur Reza Pahlavi, fils du dernier Shah et figure de l’opposition en exil, Trump a déclaré qu’il « semble sympathique », mais qu’il n’est « pas certain que son pays l’accepterait comme dirigeant », ajoutant qu’il est difficile de savoir « comment il se comporterait à l’intérieur de l’Iran ».

Dans ce contexte, Reza Pahlavi cherche à se positionner comme un interlocuteur politique crédible auprès des capitales occidentales. Selon N12, il a récemment rencontré l’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, dans ce qui constitue le premier contact public entre l’administration Trump et une figure majeure de l’opposition iranienne. Pahlavi affirme ne pas viser nécessairement le rétablissement de la monarchie, mais plaide pour la chute du régime islamique suivie d’un référendum populaire sur la forme du futur système politique, se disant favorable à un État laïque et démocratique.

Parallèlement, d’autres forces d’opposition en exil, notamment les Moudjahidine du peuple (MEK) dirigés par Maryam Rajavi depuis la France, revendiquent également un rôle dans une future transition, mais leur légitimité reste très contestée au sein de la population iranienne en raison de leur passé armé et de leurs alliances historiques avec le régime de Saddam Hussein, souligne l’Institut israélien d’études de sécurité nationale. Pour le chercheur Danny Citrinowicz, le scénario le plus probable demeure toutefois un changement venant de l’intérieur même du système, porté par des responsables plus pragmatiques favorables à un apaisement avec l’Occident, dont le président Massoud Pezeshkian et l’ancien président Hassan Rohani. Une telle évolution interne, plutôt qu’une transition pilotée depuis l’exil, serait aujourd’hui l’option la plus crédible, avec des implications majeures pour l’équilibre régional et la sécurité d’Israël, selon l’INSS.

ActuJ
Tags