Les milices armées locales dans les rues de la Bande de Gaza défient le conseil de la paix chargé de superviser la gestion civile de la Bande de Gaza. Ces milices qui s'opposent au Hamas contrôlent certaines portions du territoire et contestent la légitimité de ce conseil présenté hier (samedi) par Washington.
Rassan al-Dheini, figure majeure d'une des principales milices anti-Hamas opérant dans la Bande de Gaza, a raillé l'idée dans une interview accordée à Ynet : ''C'est un comité stupide, un comité de distribution de nourriture et d'eau''. Pour lui, les véritables enjeux se situent ailleurs. ''Notre dialogue se tient directement avec Israël, Steve Witkoff et les Émirats arabes unis. Ces arrangements administratifs ne nous concernent pas'', a-t-il affirmé, révélant au passage que sa milice dispose d'une liste de quelque 10000 recrues potentielles prêtes à être mobilisées.
À Khan Younès, Houssam al-Astal, chef de la milice locale, partage cet avis. Selon lui, l'ensemble du dispositif relève davantage de ''la communication politique'' que d'une réalité tangible. Il pose deux conditions incontournables : aucun retrait israélien de la ligne jaune et le désarmement préalable du Hamas - une exigence qu'il juge lui-même ''impossible'' à réaliser.
Al-Astal critique également la composition du comité, estimant que plusieurs de ses membres ''ne bénéficient d'aucune légitimité auprès de la population locale''. ''Ce sont ceux qui vivent la réalité du terrain qui doivent décider, pas des intervenants extérieurs'', insiste-t-il.
Selon des sources citées par Ynet, le conseil d'administration pour Gaza - qui compte parmi ses membres le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan et le responsable qatari Ali al-Dawadi - ne dispose en réalité d'aucun pouvoir décisionnel. Il s'agirait d'une simple instance consultative.
Israël aurait tenté en vain d'influencer sa composition. Les émissaires du Président américain Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, auraient imposé la présence turque et qatarie en reconnaissance de leur médiation dans les négociations sur la libération des otages.
Pour les analystes sécuritaires, ces prises de position constituent un message politique clair : les milices entendent peser dans les négociations et refusent d'être écartées des décisions concernant l'avenir de Gaza. Alors que la communauté internationale envisage une transition vers une phase 2 impliquant un retrait israélien partiel et un transfert progressif de responsabilités civiles, ces acteurs armés locaux rappellent qu'aucun arrangement ne pourra se faire sans leur aval.
La prochaine étape de la gestion de Gaza pourrait donc se jouer autant dans les chancelleries internationales que dans les rues de la Bande de Gaza.
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