Depuis une dizaine de jours, l'Iran connaît une coupure quasi totale d'internet et des communications, plongeant le pays dans l'incertitude. Cette stratégie du régime pour étouffer la contestation laisse des dizaines de milliers de familles sans nouvelles de leurs proches. Des professionnels de santé dénoncent un "génocide dissimulé derrière un rideau numérique".
Vendredi, l'ayatollah Ali Khamenei a admis que "plusieurs milliers" de personnes avaient péri durant les trois dernières semaines, tout en rejetant la responsabilité sur les manifestants qu'il a qualifiés de "soldats américains" équipés d'armes venues de l'étranger.
Mais n document confidentiel émanant de médecins iraniens et révélé samedi par le Sunday Times présente une réalité autrement plus tragique. Ce rapport fait état d'au moins 16 500 morts et de quelque 330 000 blessés, dont la majorité auraient été victimes de la violence en seulement 48 heures. Les victimes sont principalement de jeunes adultes de moins de 30 ans.
Une violence d'une ampleur inédite
Le docteur Amir Presta, ophtalmologue irano-allemand qui dirige un centre médical à Munich et qui avait traité des manifestants blessés en 2022, exprime son effroi : "Nous assistons à une brutalité sans précédent. Lors du précédent mouvement de contestation, les forces de l'ordre employaient des balles en caoutchouc visant principalement les yeux. Aujourd'hui, l'arsenal déployé relève du militaire : balles réelles et éclats d'obus touchant la tête, le cou et le thorax."
Ces informations ont pu être collectées grâce à Starlink, le système de connexion satellitaire développé par SpaceX, utilisé après la coupure du réseau national le 8 janvier. Des milliers de terminaux ont été acheminés illégalement sur le territoire iranien, que les gardiens de la révolution s'efforcent désormais de localiser.
Des milliers de blessures oculaires recensées
Des rescapés aujourd'hui réfugiés à l'étranger rapportent des scènes effroyables : tirs délibérés visant la tête, snipers positionnés sur les toits, véhicules pick-up équipés de mitrailleuses lourdes, et même l'intervention de milices chiites en provenance d'Irak. Les établissements de santé recensent des milliers de traumatismes oculaires. Un unique hôpital de la capitale aurait enregistré 7 000 cas de ce type. D'après les praticiens, le nombre de personnes ayant perdu au moins un œil oscillerait entre 700 et 1 000.
La situation dans les hôpitaux est dramatique. Certains patients sont décédés par manque d'hydratation, tandis que les forces de sécurité ont, dans plusieurs cas, interdit les transfusions sanguines. "Nous luttons des heures durant pour maintenir des patients en vie, puis nous les perdons simplement parce qu'on nous refuse l'autorisation de leur administrer du sang", témoigne un chirurgien de Téhéran.
Un climat de terreur généralisée
La crainte d'être arrêté dissuade de nombreux blessés de se rendre dans les structures de soins. Plusieurs témoignages évoquent des disparitions forcées de patients directement depuis les salles d'opération, ainsi que des corps abandonnés dans les rues avant d'être transportés vers d'autres localités pour y être enterrés discrètement, effaçant ainsi toute preuve.
Face à cette violence extrême, la population semble pourtant déterminée à poursuivre le combat. "La crainte s'est évaporée", observe un écrivain iranien contraint à l'exil. "Les gens sont confrontés à un dilemme terrible : descendre dans la rue et risquer une mort immédiate, ou rester confinés chez soi et s'éteindre progressivement."
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