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L’Iran avertit Trump : toute attaque contre Khamenei signifierait une guerre totale

Une mise en garde formulée quelques heures après que l’ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, a estimé que le président Donald Trump pourrait tenter d’éliminer le leader iranien dès cette semaine.

4 minutes
18 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

L’Iran avertit Trump : toute attaque contre Khamenei signifierait une guerre totale
Le président iranien Massoud Pezeshkian, ce soir

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« Toute atteinte à la direction suprême de notre pays équivaudra à une déclaration de guerre totale contre la nation iranienne, et la réponse de la République islamique sera sévère et regrettable », a déclaré le président iranien Massoud Pezeshkian dans un message publié sur le réseau X. Il a attribué les difficultés économiques et sociales de l’Iran à « l’hostilité prolongée et aux sanctions inhumaines imposées par les États-Unis et leurs alliés ».

Ces déclarations interviennent dans un contexte d’escalade verbale et stratégique entre les deux pays. Ces derniers jours, Donald Trump a multiplié les signaux contradictoires : tout en affirmant avoir temporairement suspendu une option militaire contre l’Iran, il a de nouveau durci le ton face à la direction iranienne, évoquant ouvertement la nécessité d’un changement de leadership à Téhéran.

Dans une interview accordée au site Politico, le président américain a qualifié Ali Khamenei d’« homme malade » et estimé qu’« il est temps pour l’Iran de se doter d’une nouvelle direction ». Des propos qui font écho aux accusations formulées par le guide suprême iranien, lequel a imputé à Washington la responsabilité directe du soulèvement populaire déclenché par la crise économique et sociale.

Sur le terrain, les signaux militaires se multiplient. Les États-Unis poursuivent le déploiement de moyens navals et aériens vers le Moyen-Orient, notamment une force de frappe aéronavale, renforçant les spéculations sur la possibilité d’une opération militaire d’envergure. Selon plusieurs analystes, cette posture vise autant à dissuader Téhéran qu’à maintenir une pression maximale dans un moment jugé critique.

Parallèlement, la situation intérieure iranienne demeure explosive. Selon une source iranienne citée dimanche par l’agence Reuters, au moins 5 000 personnes auraient été tuées depuis le début du mois dans la répression des manifestations contre le régime des ayatollahs. Ce bilan inclurait environ 500 membres des forces de sécurité. Les autorités iraniennes imputent les violences à des « émeutiers armés » soutenus, selon elles, par Israël et des acteurs étrangers.

D’autres chiffres, plus alarmants encore, circulent. Le Sunday Times britannique évoque un bilan pouvant dépasser les 16 000 morts, sur la base de témoignages médicaux et de données transmises clandestinement depuis l’Iran à l’aide du réseau satellitaire Starlink. L’ONG HRANA affirme de son côté avoir confirmé plus de 3 300 décès, tout en examinant plusieurs milliers de cas supplémentaires. Plus de 24 000 arrestations auraient également été recensées.

Les manifestations ont éclaté le 28 décembre à Téhéran, initialement à l’initiative de commerçants du bazar, frappés par une inflation galopante et l’effondrement de la monnaie nationale. Très vite, le mouvement s’est transformé en contestation politique directe du régime islamique, rappelant les grandes vagues de protestation de 2019 et de 2022. Les slogans appelant à la chute du guide suprême et au retour du prince en exil Reza Pahlavi se sont multipliés. Le point culminant de la mobilisation a été atteint le 8 janvier, lorsque des centaines de milliers d’Iraniens sont descendus dans la rue à l’appel de l’opposition. Ce soir-là, les autorités ont coupé l’accès à Internet à l’échelle nationale, un black-out numérique toujours en vigueur, malgré quelques assouplissements récents.

Selon des sources sécuritaires israéliennes et occidentales, le régime iranien a, pour l’heure, réussi à reprendre le contrôle grâce à une répression massive, appuyée, selon certains témoignages, par des milices étrangères, notamment venues d’Irak. Cette accalmie apparente reste toutefois fragile, tant la profondeur de la crise économique et sociale nourrit un ressentiment durable.

Dans ce contexte, les options de Donald Trump demeurent ouvertes. S’il continue d’affirmer vouloir privilégier une solution diplomatique, notamment pour obtenir un gel de l’enrichissement de l’uranium et des programmes balistiques iraniens, l’option militaire n’est pas écartée. Une éventuelle frappe, limitée ou ciblée, pourrait avoir des répercussions régionales majeures.

Pour Téhéran, la ligne rouge est désormais clairement tracée : toute attaque contre Ali Khamenei serait perçue comme un acte de guerre généralisée. Une menace qui illustre l’extrême volatilité de la situation, alors que l’Iran, affaibli de l’intérieur, se retrouve au cœur d’un bras de fer stratégique aux conséquences potentiellement explosives pour l’ensemble du Moyen-Orient.

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