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ONU : un rapport pointe un deux poids, deux mesures entre l’Iran et Israël

Un rapport de l’ONG UN Watch accuse les experts du Conseil des droits de l’homme des Nations unies de fermer les yeux sur la répression et les exécutions en Iran, tout en multipliant les condamnations sévères et répétées contre Israël.

4 minutes
18 janvier 2026

ParNathalie Sosna Ofir

ONU : un rapport pointe un deux poids, deux mesures entre l’Iran et Israël

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Alors que la République islamique d’Iran poursuit une répression violente contre sa propre population, un rapport approfondi publié par l’organisation UN Watch met en lumière ce qu’elle décrit comme une « défaillance morale majeure » au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Les « experts spéciaux » de cette instance – censés incarner le compas moral de la communauté internationale – se distinguent, selon le rapport, par un silence assourdissant face aux violations massives commises par Téhéran. Le rapport analyse l’activité de 54 experts indépendants et dresse un constat préoccupant de biais politiques systématiques et de doubles standards.

Selon UN Watch, malgré une hausse marquée des exécutions, la persécution accrue des minorités, notamment des bahaïs, et la répression brutale des femmes, la majorité des experts concernés n’a publié aucune condamnation officielle contre l’Iran.

Le rapport cite notamment le cas du rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de croyance. Alors que des maisons de bahaïs ont été détruites en Iran et que des dizaines de fidèles ont été arrêtés uniquement en raison de leur foi, ce dernier n’a pas jugé nécessaire de publier la moindre déclaration condamnant le régime iranien.

Le droit à la vie : une indignation sélective

Le même constat s’applique au rapporteur spécial chargé du droit à la vie. Malgré l’augmentation spectaculaire du nombre d’exécutions en Iran – souvent à l’issue de procès expéditifs et sans garanties judiciaires – la réaction du mécanisme onusien est restée, selon le rapport, « faible, tardive ou inexistante ». Mais l’élément le plus frappant du rapport réside dans la comparaison directe entre le traitement réservé à l’Iran et celui appliqué à Israël. Les données montrent que plusieurs experts qui n’ont jamais condamné l’Iran, malgré des preuves abondantes de répression et de meurtres de manifestants, se sont en revanche montrés extrêmement actifs dans la rédaction de communiqués virulents visant Israël.

Israël, cible privilégiée des experts onusiens

Le rapport identifie des experts précis qui auraient utilisé leur mandat pour attaquer Israël de manière récurrente, recourant à une terminologie radicale, tout en ignorant totalement les violations des droits humains dans des régimes autoritaires. Ainsi, alors qu’Israël est régulièrement dénoncé pour des mesures de légitime défense ou pour des constructions en Judée-Samarie, ces mêmes experts se sont abstenus de critiquer l’Iran pour : son rôle dans le financement et l’armement d’organisations terroristes, la répression violente des protestations liées à la crise économique et à l’accès à l’eau et à la nourriture, ou encore l’empoisonnement présumé d’écolières iraniennes, affaire largement documentée.

Des noms cités, des responsabilités pointées

Le rapport met particulièrement en cause Francesca Albanese, rapporteure spéciale pour les territoires palestiniens. Celle-ci accuse régulièrement Israël d’« apartheid » et de « génocide », allant jusqu’à appeler à un embargo sur les armes. En revanche, elle ne mentionne pratiquement jamais le rôle de l’Iran dans le soutien militaire et financier aux organisations terroristes visant des civils.

Autre exemple cité : Balakrishnan Rajagopal, rapporteur spécial sur le droit au logement, qui s’est empressé de condamner Israël pour des démolitions de bâtiments, tout en gardant un silence total lorsque les forces iraniennes ont rasé les maisons de membres de la communauté bahaïe.

De manière plus générale, les rapporteurs chargés de la liberté d’expression et du droit à la vie ont publié des dizaines de condamnations contre des démocraties occidentales et contre Israël, mais aucune contre les exécutions de masse et l’emprisonnement de journalistes en Iran durant la période examinée.

« Un feu vert donné au régime iranien »

Le directeur exécutif de UN Watch, Hillel Neuer, dénonce une dérive grave : « Les données prouvent que nombre d’experts de l’ONU n’agissent pas par souci des droits humains, mais selon une agenda politique. Lorsqu’ils se taisent face à Téhéran et hurlent contre Jérusalem, ils perdent toute crédibilité. Leur silence équivaut à un feu vert donné aux ayatollahs pour continuer à pendre leurs opposants sur des grues. »

Appel à une réforme du système onusien

Le rapport se conclut par un appel aux États démocratiques membres de l’ONU à cesser de financer des mécanismes jugés biaisés et à exiger une réforme profonde du processus de nomination des experts. « Il est inacceptable qu’un expert censé défendre la liberté d’expression ignore l’arrestation de centaines de journalistes en Iran, tout en trouvant le temps de condamner Israël semaine après semaine », souligne le rapport.

Ces conclusions provoquent une agitation croissante dans les couloirs de l’ONU à Genève. Des militants iraniens des droits humains en exil se joignent aux critiques, affirmant que l’inaction des experts internationaux leur donne le sentiment que leur sang a été rendu “légitime” aux yeux de la communauté internationale.

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