La dynamique diplomatique engagée par le président américain Donald Trump avec le lancement d’un « Conseil de la paix » devait symboliser un nouveau cadre de coopération internationale sous leadership américain. Elle s’impose aujourd’hui comme un révélateur des fractures croissantes entre Washington et ses alliés européens. Alors que le président tentait de rallier le Forum économique mondial de Davos, son déplacement a été interrompu par une panne technique de l’Air Force One, l’obligeant à revenir à Washington. Un incident sans portée politique directe, mais survenu au moment même où son initiative diplomatique suscite un scepticisme grandissant en Europe.
Sur le terrain diplomatique, les refus s’accumulent. Après la France et le Royaume-Uni, la Suède a officiellement annoncé qu’elle ne rejoindrait pas le Conseil de la paix, jugeant le cadre proposé incompatible avec ses positions actuelles. L’Italie a, à son tour, fait savoir qu’elle ne participerait pas à l’initiative. En cause : la présence annoncée de pays comme la Russie et la Biélorussie, mais aussi la crainte d’un contournement des mécanismes multilatéraux existants, en particulier ceux de l’ONU. À l’inverse, certains États ont choisi de répondre favorablement à l’appel américain. L’Égypte a confirmé son adhésion, tandis que la présidente du Kosovo, Vjosa Osmani, a salué une initiative qu’elle qualifie d’« historique ». Selon l’émissaire spécial américain Steve Witkoff, entre 20 et 25 pays auraient déjà accepté de rejoindre le Conseil.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte plus large de redéfinition de la posture américaine vis-à-vis de l’Europe. Selon des informations publiées par le Washington Post, le Pentagone se prépare à réduire la participation des États-Unis dans près de trente structures de l’OTAN, notamment des groupes de conseil et des centres d’excellence. Environ 200 militaires américains seraient concernés par ce redéploiement progressif, mené principalement par le non-remplacement des effectifs en fin de mission.
Parallèlement, les déclarations répétées de Donald Trump sur le Groenland ont provoqué une onde de choc sur le continent. À Davos, plusieurs responsables européens espèrent profiter du sommet pour désamorcer une escalade. Des discussions informelles portent sur des arrangements permettant un accès sécuritaire élargi des États-Unis à l’île, sans remise en cause de sa souveraineté danoise, afin d’offrir à Washington une sortie politique présentable.
L’Union européenne affiche néanmoins une ligne de fermeté. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a mis en garde contre une « spirale dangereuse » de représailles économiques entre alliés, tout en appelant l’Europe à renforcer ses propres leviers de puissance stratégique. Paris et Berlin envisagent désormais des mesures économiques de rétorsion si Washington persistait dans ses menaces commerciales.
Au fil des annonces, le Conseil de la paix apparaît moins comme un simple forum diplomatique que comme le point de convergence d’un repositionnement américain plus large : réduction de l’engagement au sein de l’OTAN, pressions commerciales, initiatives unilatérales et remise en cause des équilibres multilatéraux. À Davos, malgré l’incertitude sur l’arrivée effective du président américain, une certitude s’impose déjà : l’Europe se prépare à composer avec une Amérique plus imprévisible, déterminée à imposer ses propres règles du jeu.
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