Des commentateurs du monde arabe ont affirmé ces derniers jours dans plusieurs médias que Riyad mènerait une démarche assumée visant à contenir l’expansion de l’influence israélienne et encouragerait la mise en place d’une large alliance militaire associant la Turquie, l’Égypte et la Somalie, afin de contrebalancer la reconnaissance par Israël du Somaliland comme État indépendant. Des responsables sécuritaires de haut rang confirment ces informations et indiquent que Riyad œuvre parallèlement à renforcer sa présence en Somalie et dans la Corne de l’Afrique, notamment par un soutien accru au gouvernement de Mogadiscio, en coordination avec l’Égypte et la Turquie. La Somalie est considérée comme une zone d’influence turque majeure, sur le territoire de laquelle opère une importante base militaire turque. L’Égypte et la Turquie sont perçues comme des acteurs clés dans le dispositif sécuritaire de la mer Rouge et du détroit de Bab el-Mandeb. Elles redouteraient la possibilité qu’Israël devienne un acteur sécuritaire supplémentaire de premier plan dans la région, notamment par l’établissement de bases militaires au Somaliland.
L’agence Bloomberg s’est également penchée sur le sujet et ndique que l’Arabie saoudite serait proche de finaliser une nouvelle alliance militaire trilatérale avec la Somalie et l’Égypte. Selon ce rapport, cette initiative s’inscrirait dans une vision stratégique globale visant à protéger la sécurité nationale arabe et à empêcher l’émergence d’un nouvel ordre régional perçu comme servant les intérêts israéliens au détriment de la stabilité régionale. Toujours selon Bloomberg, Riyad considère la Somalie comme un théâtre stratégique central dans la lutte pour l’influence régionale, notamment face aux efforts attribués à Israël pour étendre sa présence dans la zone, une évolution que l’Arabie saoudite jugerait susceptible de menacer la sécurité de la mer Rouge et des routes maritimes internationales.
La coalition en cours de formation traduirait la volonté saoudienne de constituer un dispositif régional destiné à contenir l’expansion de l’influence israélienne, à travers des partenariats militaires avec des États disposant d’un poids géographique et stratégique significatif. L’Arabie saoudite et l’Égypte partageraient, selon ces sources, des perceptions similaires concernant les évolutions sécuritaires dans la Corne de l’Afrique et au Soudan.
Par ailleurs, l’Arabie saoudite a déjà signé un accord de défense conjointe avec le Pakistan. En parallèle, la Turquie mènerait des discussions en vue de rejoindre cet accord. Si elles aboutissent, ces négociations pourraient déboucher sur une évolution significative de l’équilibre militaire régional. Ankara a confirmé l’existence de ces échanges, précisant qu’ils pourraient transformer un cadre de coordination sécuritaire en un partenariat régional élargi et influent.
Le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que la Turquie menait des consultations avec plusieurs pays de la région en vue de la création d’une alliance sécuritaire commune, soulignant que la stabilité régionale exige une coopération approfondie. Le même jour, le ministre pakistanais de la Production de défense, Raza Hayat Harraj, a annoncé que le Pakistan, l’Arabie saoudite et la Turquie avaient finalisé un projet d’accord de défense à l’issue de près d’un an de négociations.
Selon des sources sécuritaires, un changement notable serait intervenu dans l’approche saoudienne à l’égard d’Israël depuis le 7 octobre, dans le sillage des actions israéliennes contre l’axe chiite conduit par l’Iran. Riyad, en coordination avec la France, a notamment mené une initiative aux Nations unies en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien indépendant, avant de signer un accord de défense avec le Pakistan en septembre 2025.
La tentative actuelle d’élargir cette alliance à la Turquie, à l’Égypte et à la Somalie est perçue par ces mêmes sources comme un signal d’alerte adressé aux responsables politiques israéliens, alors qu’Israël continue d’aspirer à un accord de normalisation avec Riyad. Ces responsables rappellent également que l’Arabie saoudite s’est rapprochée de l’Iran il y a environ deux ans. Riyad s’opposerait à une éventuelle opération militaire américaine contre Téhéran et soutiendrait le maintien du régime iranien, par crainte qu’un effondrement de ce dernier ne renforce davantage encore la position régionale d’Israël.
Dans ce contexte, le commentateur palestinien Ahmed al-Hila a déclaré au site qatari Al-Khaleej Online qu’Israël chercherait à encercler géographiquement l’Arabie saoudite, notamment par la reconnaissance du Somaliland et par une implantation militaire potentielle dans la région. Selon lui, cette stratégie pourrait permettre à Israël de contrôler le détroit de Bab el-Mandeb et la mer Rouge - des zones bordant l’Arabie saoudite à l’ouest - et de renforcer sa capacité d’intervention au Yémen, considéré comme une profondeur stratégique essentielle pour Riyad. Toujours selon Ahmed al-Hila, la prise de conscience par l’Arabie saoudite de ce qu’il décrit comme la gravité des projets israéliens l’aurait conduite à intensifier rapidement son implication militaire au Yémen, afin d’empêcher la fragmentation du sud du pays. Il estime qu’une alliance entre des États centraux tels que l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan - ou, alternativement, entre l’Arabie saoudite et l’Égypte - pourrait ouvrir la voie à une coalition régionale plus large, destinée à assurer la sécurité collective et à contrer ce qu’il qualifie de dynamique américaine et israélienne visant à remodeler le Moyen-Orient.
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