Cette décision intervient dans un contexte de tensions croissantes entre Israel et Turkey, en particulier autour de la future gouvernance de la bande de Gaza. L’annonce américaine de la création d’un comité administratif international incluant des représentants turcs et qataris, a suscité une vive opposition du bureau du Premier ministre israélien. Au sein de l’appareil sécuritaire israélien, l’inquiétude est manifeste. Jérusalem considère Ankara et Doha comme deux acteurs ayant largement contribué, au fil des années, à la survie politique, financière et logistique du Hamas. La crainte est qu’une implication directe de ces pays dans la reconstruction de Gaza ne permette un retour indirect de financements, d’influence et d’infrastructures au profit de l’organisation terroriste.
Les frictions entre Israël et la Turquie ne se limitent plus au terrain politique. Selon plusieurs sources sécuritaires, Ankara a récemment déployé un radar militaire avancé à l’aéroport de Damas, doté d’une portée estimée entre 150 et 200 kilomètres. Ce dispositif pourrait restreindre sensiblement la liberté d’action de l’aviation israélienne en Syrie, en permettant de détecter des appareils israéliens, y compris lors de vols liés à des frappes contre l’Iran.
Un responsable sécuritaire israélien a récemment qualifié la perspective d’une base militaire turque permanente en Syrie de « menace potentielle », soulignant qu’elle constituerait une atteinte directe à la liberté opérationnelle d’Israël sur ce théâtre.
Parallèlement, la Turquie consolide sa position au sein de l’OTAN. La société de défense turque STM a récemment achevé la livraison de drones autonomes de type loitering munition à plusieurs pays membres de l’Alliance. Ces systèmes, capables d’opérer sans GPS et de sélectionner leurs cibles via l’intelligence artificielle, offrent à Ankara une présence technologique sans précédent au cœur des armées occidentales.
Dans le même temps, certains signaux indiquent un léger réchauffement entre Ankara et Washington. L’ambassadeur américain en Turquie a récemment évoqué « les discussions les plus constructives depuis près d’une décennie » concernant les dossiers sensibles des systèmes russes S-400 et du programme américain F-35. Cette évolution intervient dans un contexte de rapprochement personnel renouvelé entre Donald Trump et Erdogan.
Sur le plan régional, Ankara continue d’étendre son influence. Une délégation turque de haut niveau - réunissant les ministres des Affaires étrangères, de la Défense et le chef des services de renseignement - s’est récemment rendue à Damas pour discuter de l’intégration des forces kurdes au sein des institutions syriennes. En coulisses, la Turquie exprime une frustration croissante face aux retards pris par les dirigeants kurdes dans la mise en œuvre de l’accord, dont l’échéance était fixée à fin décembre 2025.
L’interdiction d’entrée décrétée par Israël marque une nouvelle étape dans la détérioration des relations avec Ankara. Elle traduit la volonté de Jérusalem de fixer des lignes rouges face à ce qu’elle perçoit comme une montée en puissance turque susceptible d’affecter directement sa sécurité nationale.
La réaction officielle de la Turquie à cette décision israélienne est désormais attendue.
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