Les principaux dirigeants du mouvement Houthis ont cessé d’apparaître lors des événements publics organisés à Sanaa et dans d’autres zones du nord du Yémen contrôlées par le groupe. C’est ce que rapporte le quotidien saoudien Asharq al-Awsat, citant des sources locales et des spécialistes des mouvements armés. Selon ces experts, cette absence prolongée des figures de premier plan reflète un niveau élevé d’alerte sécuritaire et une crainte croissante au sein de la direction houthie, après des frappes israéliennes ciblant des responsables du mouvement il y a quelques mois.
Si les Houthis continuent de diffuser des messages officiels et des discours destinés à maintenir une apparence de normalité, la réalité sur le terrain est tout autre. Les événements récents ont été organisés par des cadres subalternes et des intervenants locaux, une mesure interprétée comme une tentative de réduire les risques d’identification et de ciblage.
Selon Asharq al-Awsat, le mouvement a par ailleurs confirmé la mort de son chef d’état-major, Mohammed al-Ghamari, un coup dur qui fragilise encore davantage la chaîne de commandement et alimente les craintes quant à la sécurité du noyau dirigeant.
Des habitants de Sanaa interrogés par le quotidien saoudien évoquent des rassemblements plus modestes et désorganisés, tant en termes d’affluence que de qualité des discours. Malgré les pressions, intimidations et convocations forcées, la participation visible était en baisse. « Les années précédentes, on voyait des dirigeants de premier rang sur scène. Cette fois, personne. Même le responsable du quartier se cachait. La confusion était évidente, et le nombre d’hommes armés dépassait celui des participants », témoigne Abou Abdallah, résident du quartier d’al-Hasbah, au nord de la capitale.
Parallèlement, plusieurs personnes contraintes d’assister à ces événements ont signalé une politique de silence médiatique sans précédent. Photos interdites, noms des responsables absents des discours, contrôle strict des communications : autant de mesures visant à éviter toute fuite d’informations. « Il nous était interdit de prendre des photos ou de mentionner les noms des responsables présents, même s’il ne s’agissait pas de dirigeants de premier plan. Cela montre un niveau de panique inédit », confie Khaled, employé public dans une zone rurale autour de Sanaa.
Parmi les dirigeants systématiquement absents . Mahdi al-Mashat, chef du Conseil politique suprême, Mohammed Ali al-Houthi, ainsi que Ahmed Hamid, l’un des piliers de l’appareil sécuritaire du mouvement. Des responsables militaires et sécuritaires de haut rang brillent également par leur absence, tant sur le terrain que dans les médias. Selon le rapport, cette invisibilité ne se limite pas aux rassemblements : les apparitions médiatiques directes ont quasiment cessé, les dirigeants se contentant désormais de déclarations écrites ou de discours préenregistrés.
Pour les observateurs régionaux, cette mise en retrait traduit une vulnérabilité accrue du leadership houthi, confronté à la perspective de frappes ciblées et à un climat de méfiance généralisée au sein de ses propres structures.
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