Alors que plusieurs signaux laissaient espérer une avancée vers une normalisation entre Israël et l’Arabie saoudite, le royaume adopte depuis plusieurs semaines un ton public nettement plus critique envers Jérusalem. Cette inflexion s’explique d’abord par des considérations internes : au sein de la famille royale, une frange influente s’oppose à toute reconnaissance d’Israël, non seulement au nom de la cause palestinienne, mais aussi par crainte d’une concurrence stratégique pour le leadership régional, selon une analyse de Shachar Kleiman publiée par Israel Hayom. Parmi les figures de cette ligne dure figure le prince Turki al-Fayçal, ancien chef du renseignement, qui conditionne toute relation officielle à l’acceptation intégrale de l’Initiative de paix arabe de 2002, incluant un retrait israélien de la Judée-Samarie, du Golan et de Jérusalem-Est.
À cette opposition politique s’ajoute le poids persistant de l’establishment religieux. Malgré les réformes engagées par Mohammed ben Salmane pour réduire l’influence du courant wahhabite, des prêches hostiles aux Juifs et favorables à une « victoire pour la Palestine » continuent d’être diffusés dans certaines mosquées et sur des chaînes saoudiennes. Le troisième facteur est l’opinion de la jeunesse, que le prince héritier considère comme un pilier de sa légitimité : depuis la guerre à Gaza, Israël est largement perçu sur les réseaux sociaux comme responsable de la destruction de l’enclave, tandis que le rôle du Hamas et des autres terroristes palestiniens est souvent relégué au second plan.
Sur le plan régional, Riyad cherche aussi à consolider son statut d’acteur central auprès de Washington, tout en se présentant comme moteur diplomatique du soutien international à un État palestinien, ce qui renforce la rivalité indirecte avec Jérusalem. Dans cette logique, le prince héritier n’est pas pressé d’avancer sur le dossier israélien, préférant préserver un équilibre qui lui permet de contenir les critiques internes tout en maintenant ses options ouvertes sur la scène internationale. Pour Israël, cette évolution est perçue comme un risque plus large pour l’architecture des Accords d’Abraham, car elle pourrait encourager un refroidissement politique dans d’autres pays déjà engagés dans la normalisation.
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