Près de trente ans après la disparition du soldat Guy Hever sur le plateau du Golan, une opération d'envergure menée par la police israélienne et le Shin Bet s'est soldée par un échec. Les cinq personnes interpellées ont été libérées sans charges, ravivant les interrogations autour de cette affaire non résolue.
Début janvier, l'unité Lahav 433 et le Shin Bet ont procédé à l'arrestation de cinq membres d'une même famille, résidents du village de Tuba-Zangariyya en Galilée. L'opération faisait suite à des renseignements suggérant leur implication possible dans la disparition du soldat, porté disparu depuis 1997 lors de son service militaire.
Les interpellations se sont déroulées simultanément à différents endroits : aux domiciles des suspects, à l'aéroport Ben Gourion, et même en prison pour l'un d'entre eux. Des perquisitions ont également été menées dans plusieurs lieux publics jugés potentiellement pertinents par les enquêteurs.
Placés en détention, les suspects ont vu leur garde à vue prolongée à plusieurs reprises. L'affaire a même été requalifiée en dossier de terrorisme. Dans une décision qualifiée d'inhabituelle, les détenus se sont vu refuser l'accès à un avocat pendant environ deux semaines.
Mais après avoir tous nié les accusations et en l'absence de preuves tangibles, les cinq suspects ont finalement été libérés sans aucune condition restrictive.
L'un des détenus, âgé de 21 ans à l'époque de la disparition du soldat, a exprimé son était de choc : "Je n'arrive pas à dormir la nuit. Ils nous ont accusés de choses insensées." Il a poursuivi en soulignant l'attachement de sa famille à l'État d'Israël : "Nous sommes loyaux envers ce pays et cela nous blesse profondément lorsqu'ils disent que nous avons agi contre la sécurité nationale."
L'homme, qui affirme ne même pas se souvenir de l'incident initial, raconte avoir partagé sa cellule avec "des meurtriers de Gaza" qui pensaient qu'il avait été proche du soldat disparu ou qu'il avait trouvé son arme.
La famille dénonce également les perquisitions menées dans plusieurs domiciles et rejette vigoureusement toute accusation de meurtre nationaliste. "Mon grand-père a servi dans le Palmach avec Yigal Allon. Nous n'avons porté atteinte ni à la sécurité de l'État ni à celle de nos soldats", insiste le suspect.