International

Washington fait pression sur la Bolivie pour réduire l'influence iranienne en Amérique latine

L'administration Trump demande à La Paz de classer les Gardiens de la révolution, le Hezbollah et le Hamas sur la liste des organisations terroristes.

4 minutes
24 janvier 2026

ParJohanna Afriat

Washington fait pression sur la Bolivie pour réduire l'influence iranienne en Amérique latine
Illustration iStock

Désolé, votre navigateur ne supporte pas la synthèse vocale.

Les États-Unis multiplient les pressions diplomatiques sur la Bolivie pour qu'elle rompe ses liens avec l'Iran. Selon deux sources proches du dossier interrogées par Reuters, Washington demande à La Paz d'expulser les ressortissants iraniens soupçonnés d'espionnage présents sur son territoire et de classer les Gardiens de la révolution, le Hezbollah et le Hamas sur la liste des organisations terroristes.

Ces pressions s'inscrivent dans une stratégie américaine plus large visant à renforcer l'influence de Washington en Amérique latine tout en réduisant celle de ses rivaux régionaux. Les responsables américains estiment qu'une opportunité unique s'est présentée avec l'élection en octobre dernier du président Rodrigo Paz, mettant fin à près de vingt ans de règne quasi ininterrompu du parti d'extrême gauche MAS.

Sous les mandats d'Evo Morales (2006-2019) et de Luis Arce (2020-2024), la Bolivie avait considérablement renforcé ses liens avec l'Iran, notamment dans les domaines de la sécurité et de la défense. Morales affirmait que les deux pays étaient unis dans la lutte contre "l'impérialisme américain", une rhétorique qui avait fermé la porte à toute tentative américaine de rapprochement.

Le gouvernement de Paz, confronté à une crise économique et à un parlement divisé, cherche désormais à rétablir les relations avec Washington et à attirer les investissements étrangers. Les États-Unis ont salué son élection et, dès décembre, ont ouvert la possibilité à la Bolivie de recevoir des subventions par l'intermédiaire d'une société américaine indépendante.

La Bolivie, plaque tournante du renseignement iranien

Au-delà de ses difficultés économiques, ce pays enclavé de 12 millions d'habitants au cœur de l'Amérique du Sud présente un intérêt stratégique majeur. Selon des responsables américains, la Bolivie est devenue une base importante pour les activités diplomatiques et de renseignement iraniennes sur le continent, notamment grâce à un environnement de contre-espionnage favorable.

Sa position géographique, aux frontières de plusieurs pays, en fait également un point d'ancrage idéal. Certains de ces pays voisins auraient d'ailleurs été la cible de tentatives d'attentats du Hezbollah ces dernières années.

Rick de la Torre, ancien haut responsable de la CIA et ancien chef du bureau de Caracas de l'agence, explique que si le Venezuela était la principale base iranienne en Amérique latine, "la Bolivie et le Nicaragua, dirigés par des régimes autoritaires entretenant des relations tendues avec Washington, ont servi de centres secondaires pour Téhéran ces dernières années."

"Pour Téhéran, la Bolivie présentait l'avantage d'un climat politique permissif, d'un contrôle laxiste et d'une situation géographique centrale", précise de la Torre. "L'Iran et le Hezbollah utilisent les pays les plus permissifs comme plaques tournantes, d'où ils étendent discrètement leurs activités aux pays voisins."

Une campagne régionale en expansion

Les pressions sur la Bolivie s'inscrivent dans une offensive diplomatique américaine plus vaste à travers l'Amérique latine. En septembre dernier, l'Équateur, allié des États-Unis, a désigné les Gardiens de la révolution iraniens, le Hamas et le Hezbollah comme organisations terroristes. La semaine dernière, l'Argentine a fait de même avec la Force Qods des Gardiens de la révolution – des mesures encouragées par Washington.

Une délégation américaine comprenant des représentants du Département d'État et des services de renseignement s'est rendue à La Paz ce mois-ci pour discuter, entre autres sujets, des différentes définitions du terrorisme. Des responsables américains évoquent également la possibilité de promouvoir des initiatives similaires au Chili, au Pérou et au Panama, bien qu'il ne soit pas certain que ces discussions aient déjà été engagées avec les gouvernements concernés.

Selon une source proche du dossier, après l'opération ayant permis la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro, des responsables américains ont également incité la présidente par intérim Delcy Rodriguez à réduire la coopération économique et sécuritaire entre Caracas et Téhéran, mettant fin à des années d'alliance étroite.

Des menaces concrètes sur le continent

La présence iranienne et du Hezbollah en Amérique latine n'est pas qu'une question diplomatique abstraite. Parmi les actions récentes attribuées aux Gardiens de la révolution figure une tentative d'assassinat de l'ambassadrice d'Israël au Mexique, Einat Kranz-Niger, déjouée fin 2019 par les forces de sécurité locales. Ce complot aurait été orchestré notamment par un officier de la Force Qods opérant sous une fausse identité à Caracas.

Le Hezbollah, actif en Amérique latine depuis de nombreuses années, finance souvent ses opérations internationales grâce à des réseaux de contrebande et a perpétré plusieurs attentats terroristes dans la région.

POUR S'INSCRIRE A LA NEWSLETTER QUOTIDIENNE ET AVOIR ACCES AUX INFORMATIONS EN UN COUP D'OEIl CLIQUEZ ICI https://israj.media-j.com/newsletter

POUR RECEVOIR NOS INFORMATIONS EN DIRECT SUR WHATSAPP CLIQUEZ ICI http://tiny.cc/IsrajInfoIsrael 

ActuJ
Tags