Sécurité

Derrière le cessez-le-feu à Gaza: la coopération étroite entre Israël et les milices anti-Hamas

Israël maintient une collaboration opérationnelle active avec des milices locales anti-Hamas.

3 minutes
25 janvier 2026

ParGuitel Benishay

Derrière le cessez-le-feu à Gaza: la coopération étroite entre Israël et les milices anti-Hamas
Photo by Abed Rahim Khatib/Flash90

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Ces dernières années, les liens entre Israël et certains clans armés gazaouis, notamment les "Forces populaires" et "Al-Majaida", ont régulièrement filtré dans la presse. Il ne s'agit pas d'une alliance récente, mais de groupes tribaux et familiaux qui affrontent le Hamas depuis longtemps pour préserver leurs zones d'influence.

Loin de s'interrompre avec le cessez-le-feu, cette coopération s'est intensifiée, devenant un levier permettant à Israël de conserver une présence indirecte après le retrait de Tsahal vers la ligne jaune. C'est ce que révèle le Wall Street Journal dans son édition de cette nuit (samedi à dimanche).

Des réservistes témoignent dans les colonnes du journal américain de l'ampleur du soutien israélien : renseignements, surveillance par drones, livraisons de vivres, d'eau et d'équipements. Certains miliciens blessés au combat contre le Hamas auraient même été héliportés vers des hôpitaux israéliens.

Yaron Buskila, ancien officier d'état-major de la division de Gaza, décrit sans détour cette implication : "Lorsqu'ils mènent des opérations contre le Hamas, nous sommes là pour les superviser et souvent les aider. Cela signifie leur fournir des informations, et si nous voyons le Hamas tenter de les menacer ou de s'approcher, nous intervenons activement."

L'avantage stratégique est évident. Alors que Tsahal doit respecter les contraintes du cessez-le-feu, les milices circulent librement dans les zones contrôlées par le Hamas. Israël conserve ainsi une capacité de pression, de renseignement et d'action depuis l'intérieur.

Une source proche du dossier rapporte qu'Israël a récemment mobilisé les "Forces populaires" pour attirer des combattants du Hamas hors de tunnels à Rafah pendant que les forces de sécurité y plaçaient des explosifs.

Un réserviste raconte au Wall Street Journal avoir escorté toutes les semaines des convois nocturnes vers Rafah, tous feux éteints. Le chargement : nourriture, eau, cigarettes, et des colis scellés dont le contenu n'a jamais été dévoilé, remis aux miliciens par des agents de sécurité.

Malgré leur résistance face au Hamas, ces clans ne constituent pas une alternative politique crédible. Michael Milstein, ancien responsable du secteur palestinien au renseignement militaire israélien, met en garde contre un scénario à la libanaise. Après le retrait de Tsahal, prévient-il, les miliciens devront choisir entre l'exil, l'arrestation ou l'élimination.

La fragilité de cette configuration a déjà été démontrée. En décembre 2025, des sources israéliennes confirmaient la mort de Yasser Abu Shabab, chef des "Forces populaires". Sa milice a évoqué un règlement de comptes interne plutôt qu'une action du Hamas – preuve que ces alliances de circonstance restent éminemment précaires.

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