Alors que les préparatifs se poursuivent en vue d’une possible action militaire américaine contre l’Iran, des responsables sécuritaires israéliens rappellent que l’opération « Am Ke'lavi », menée en juin 2025, a constitué un succès tactique majeur. Cette opération, conduite avec le soutien des États-Unis, a permis la destruction d’installations nucléaires iraniennes et porté un coup sévère aux capacités balistiques de Téhéran, tant en matière de stocks que de production.
Mais cet avantage militaire s’est érodé. Ces derniers mois, l’Iran est parvenu à relancer la production de missiles balistiques et manifeste une volonté claire de réactiver son programme nucléaire. À Jérusalem, ces évolutions sont perçues comme une menace existentielle avec laquelle Israël ne peut composer.
Selon plusieurs sources sécuritaires, l’opération de 2025 avait pourtant ouvert une fenêtre stratégique rare : celle de frapper directement le sommet du régime iranien, en particulier le guide suprême Ali Khamenei et son fils Mojtaba, considéré comme son successeur. Les capacités de renseignement et d’action existaient, assurent-elles. Mais l’option n’a pas été retenue. Résultat : le régime des ayatollahs est resté en place et continue de représenter une menace stratégique directe pour Israël.
Aujourd’hui, ces mêmes sources estiment qu’une opportunité historique s’est de nouveau présentée pour provoquer un changement de régime à Téhéran. Si cette occasion venait à être manquée, avertissent-elles, l’Iran poursuivra ses efforts nucléaires et balistiques, contraignant Israël à des cycles de confrontations répétées, tous les quelques mois, dans une logique d’endiguement permanent.
Dans ce contexte, Israël se prépare à l’éventualité d’une action américaine imminente. Un haut responsable politique à Jérusalem affirme qu’Israël ne peut accepter durablement un statu quo de cette nature. Si Washington renonce à agir pour remplacer l’actuelle direction iranienne, Israël pourrait être contraint de prendre lui-même pour cible Ali Khamenei, perçu comme le « chef du serpent » de l’axe chiite.
Selon ce responsable, des entendements existent toutefois entre Jérusalem et Washington : même en cas d’escalade militaire majeure, les infrastructures pétrolières iraniennes ne seraient pas visées. Le secteur du pétrole et du gaz constitue en effet la principale source de revenus du régime, finançant l’État, les forces de sécurité et les Gardiens de la Révolution. Une atteinte à ces ressources risquerait également de fragiliser une éventuelle future direction iranienne et de compromettre toute tentative de redressement économique, y compris en cas de levée des sanctions.
La question du « jour d’après » demeure centrale. Le 24 janvier, Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran renversé en 1979, a déclaré vouloir participer à la construction de l’avenir du pays, tout en précisant qu’il ne revendiquait aucun poste officiel. Dans un entretien accordé à la chaîne allemande ARD, il a affirmé être prêt à retourner en Iran pour accompagner un processus de changement, se présentant comme un catalyseur plutôt que comme un dirigeant.
À Jérusalem, des sources diplomatiques indiquent que le président américain Donald Trump ne soutient officiellement aucun candidat à une succession du régime. Néanmoins, Reza Pahlavi figure en bonne place dans les scénarios étudiés à Washington. Après une rencontre avec l’émissaire américain Steve Witkoff, plusieurs services occidentaux estiment que Trump voit en lui avant tout une figure symbolique : un point de ralliement international capable d’incarner une transition, mais pas nécessairement un futur chef d’État.
Parallèlement, l’administration américaine envisage une autre option : celle d’une direction transitoire élargie, composée d’opposants iraniens en exil, de technocrates et de responsables économiques ou sécuritaires ayant rompu avec le régime, sans figure charismatique unique à sa tête.
En Israël, cette perspective suscite de fortes inquiétudes. L’effondrement brutal du régime sans alternative structurée pourrait entraîner un chaos sécuritaire : désintégration des appareils de sécurité, prolifération d’armes, perte de contrôle de sites nucléaires sensibles et montée en puissance d’acteurs régionaux ou ethniques. C’est pourquoi Jérusalem privilégie un scénario de transition graduelle, dans lequel des cadres expérimentés assureraient la continuité, tandis que Reza Pahlavi jouerait un rôle fédérateur plutôt qu’exécutif.
Si l’idée de voir Pahlavi incarner l’Iran post-islamique séduit une partie du spectre politique israélien, les doutes demeurent quant à sa capacité à gouverner concrètement un pays aussi complexe. Le consensus qui se dessine à Jérusalem est clair : un atout symbolique majeur, mais pas nécessairement une solution de pouvoir à part entière.
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