Le département d'État américain a annoncé vendredi son intention de transférer plus de 6,5 milliards de dollars d'aide militaire à Israël, comprenant des hélicoptères d'attaque Apache et des véhicules de combat terrestres. Cette annonce, faite sans passer par la procédure habituelle du Congrès, constitue une démarche inhabituelle qui provoque de vives réactions à Washington.
Il s'agit de quatre contrats d'armement distincts, examinés depuis plusieurs mois par les commissions des affaires étrangères de la Chambre des représentants et du Sénat. Normalement, le département d'État doit attendre l'approbation des deux membres les plus anciens du Congrès au sein de chaque commission avant d'annoncer officiellement ces accords. Or, sous la direction du secrétaire d'État Marco Rubio, le département a choisi de court-circuiter cette étape.
Bien qu'il ne s'agisse pas d'une violation de la loi - le contrôle parlementaire étant une pratique courante mais non obligatoire - c'est la troisième fois que l'administration Trump contourne ce processus d'« examen informel » pour approuver des livraisons d'armes à Israël.
Le lot le plus important comprend des hélicoptères Apache d'une valeur de 3,8 milliards de dollars. Un autre lot inclut des véhicules tactiques légers JLTV, version modernisée du Humvee, pour 1,98 milliard de dollars. Les deux autres lots comprennent des hélicoptères légers AW119 Koala et des pièces essentielles pour les véhicules blindés de transport de troupes.
Des critiques démocrates virulentes
Le représentant Gregory Meeks, principal démocrate de la commission des affaires étrangères de la Chambre, n'a approuvé aucun de ces accords et avait adressé des demandes d'éclaircissements au département d'État, restées sans réponse.
Dans un communiqué publié vendredi soir, Meeks a déclaré avoir été informé seulement une heure avant l'annonce officielle que l'administration Trump entendait ignorer le contrôle du Congrès pour déclarer immédiatement plus de 6 milliards de dollars de ventes d'armes à Israël. Il a dénoncé "un nouveau contournement du rôle de contrôle constitutionnel du Congrès". Le département d'État a refusé de commenter.
Les États-Unis fournissent à Israël plus de 3,8 milliards de dollars d'aide sécuritaire annuelle en vertu d'un accord bilatéral. Depuis le début du conflit en octobre 2023, l'administration américaine a octroyé à Israël des milliards de dollars d'aide militaire supplémentaire chaque année, en sus des crédits habituellement alloués par le Congrès.
Ces deux dernières années, un nombre croissant de critiques aux États-Unis ont réclamé l'arrêt des livraisons d'armes à Israël, accusant les administrations Biden et Trump de "complicité de génocide". Les responsables américains rejettent ces accusations et affirment qu'Israël a le droit de se défendre.
En mars dernier, Rubio avait déjà utilisé ses pouvoirs d'urgence pour contourner le Congrès et approuver une livraison d'armes de 4 milliards de dollars. Cette décision était intervenue environ un mois après l'annonce d'un autre programme d'armement de 8 milliards de dollars, également sans examen parlementaire.
9 milliards pour l'Arabie saoudite
Vendredi également, le département d'État a annoncé son intention de transférer à l'Arabie saoudite pour 9 milliards de dollars de missiles intercepteurs destinés aux systèmes de défense Patriot. Dans ce cas, les commissions du Congrès ont approuvé l'accord lors de la phase d'examen informel.
Les deux annonces, concernant Israël et l'Arabie saoudite, ont été faites après 17 heures vendredi, une manœuvre perçue par le New York Times comme une tentative de minimiser l'attention du public.
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