Moyen-Orient

Le Moyen-Orient dans l’expectative

Entre signaux d’ouverture diplomatique et menaces à peine voilées, la perspective d’un accord entre Washington et Téhéran pour éviter une confrontation militaire reste incertaine.

4 minutes
1 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Le Moyen-Orient dans l’expectative
Un accord États-Unis–Iran peut-il encore éviter une confrontation militaire ?

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À cette équation déjà instable s’ajoute un facteur déterminant : le temps. Le calendrier politique américain, et la volonté affichée de Donald Trump de parvenir rapidement à un succès diplomatique visible, pèsent lourdement sur la stratégie actuelle de pression maximale.

Le 30 janvier, le président américain a résumé, lors d’un échange avec des journalistes, les objectifs d’un éventuel dialogue avec l’Iran : « Pas de nucléaire et cessez de tuer des manifestants. » Dans une autre déclaration, il a confirmé avoir adressé à Téhéran un ultimatum, transmis directement. « Eux seuls savent de quoi il s’agit », a-t-il insisté, avant d’ajouter : « Ils veulent vraiment conclure un accord. »

Du côté iranien, le ton se veut plus apaisant. Le secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a écrit sur le réseau X que, « contrairement à l’atmosphère guerrière véhiculée par les médias, des progrès existent dans l’élaboration d’un cadre de négociation ».

Cette perspective inquiète toutefois plusieurs responsables politiques et sécuritaires. Selon eux, un éventuel renoncement américain à l’option militaire au profit d’un nouvel accord nucléaire, même amélioré par rapport à celui signé en 2015 sous Barack Obama, ne constituerait pas nécessairement une bonne nouvelle pour Israël.

Ils soulignent qu’un accord qui ne prévoirait ni l’arrêt de la production de missiles balistiques ni la fin du soutien iranien aux milices régionales, via financements et livraisons d’armes, laisserait intacte la menace existentielle pesant sur l’État hébreu. À Jérusalem, certaines lignes rouges restent non négociables : le niveau avancé de l’enrichissement de l’uranium, la dispersion des sites nucléaires et la capacité de l’Iran à franchir rapidement le seuil militaire.

Dans ce contexte, Israël agirait en coulisses pour encourager l’administration américaine à lancer une offensive de grande ampleur contre l’Iran. Un scénario qui viserait à frapper lourdement les infrastructures nucléaires et les sites de production de missiles balistiques, à ébranler la stabilité du régime, voire à ouvrir la voie à sa chute.

Malgré les discours sur une possible négociation, de nombreux analystes dans le monde arabe estiment que la probabilité d’une frappe américaine contre l’Iran ne faiblit pas, bien au contraire. Selon eux, Donald Trump applique la tactique du « leader imprévisible » : formuler des exigences extrêmes afin d’arracher des concessions politiques. Mais l’Iran, prisonnier d’une ligne idéologique rigide, peine à accepter ne serait-ce que des demandes partielles. Résultat : l’option militaire gagne en crédibilité.

À Téhéran, l’hésitation demeure entre dialogue et confrontation. L’Iran pose comme préalable à toute discussion un retrait clair des menaces militaires américaines. Dans le même temps, il renforce sa préparation militaire, partant du principe qu’un affrontement avec Washington pourrait éclater à tout moment, par surprise et sans avertissement.

Pour de hauts responsables sécuritaires, la guerre n’est plus, aux yeux de l’Iran, un scénario théorique mais une option opérationnelle nécessitant une préparation immédiate. Cette lecture est partagée par ses alliés régionaux : le Hezbollah au Liban, les Houthis au Yémen et les milices chiites en Irak. Tous considèrent qu’une chute du régime iranien porterait un coup fatal à « l’axe de la résistance ». Dans leur esprit, il s’agirait d’une guerre régionale à part entière, et non d’un conflit limité à l’Iran.

Dans les pays du Golfe, l’inquiétude monte également. Les dirigeants redoutent une riposte iranienne sous forme de tirs de missiles balistiques ou d’actions menées par ses relais régionaux, visant non seulement des bases américaines sur leur territoire, mais aussi leurs arrières économiques, au premier rang desquels les infrastructures énergétiques.

Enfin, au-delà des décisions politiques, le risque d’un dérapage non maîtrisé inquiète de plus en plus les chancelleries : une frappe ciblée, un incident naval ou une erreur de calcul pourrait suffire à enclencher une spirale incontrôlable.

En réalité, l’ensemble du Moyen-Orient traverse une phase de tension exceptionnelle. Diplomatie et dissuasion avancent désormais en parallèle, chacune alimentant l’autre. À tous les niveaux de décision, l’impression domine qu’un embrasement régional pourrait survenir à tout moment.

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