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À la une de la presse internationale

Recul de l’influence chinoise au Moyen-Orient, signaux de refroidissement saoudiens envers Israël et accusations visant Google pour son rôle technologique à Gaza : la presse internationale dresse le portrait d’un paysage régional en recomposition, où les rapports de force évoluent aussi vite que les récits qui les accompagnent.

4 minutes
2 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

À la une de la presse internationale
Capture d'écran Washington Post

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Pékin reléguée au second plan : la Chine peine à s’imposer comme acteur politique au Moyen-Orient

« L’ascension de Pékin comme médiateur au Moyen-Orient, au détriment des États-Unis, a perdu de son élan, en raison de sa réticence à assumer un rôle politique ou sécuritaire durable », écrit Bloomberg. Il y a encore trois ans, des analystes à Washington redoutaient que la Chine ne s’impose comme un nouvel arbitre régional dans une zone longtemps dominée par les États-Unis. Aujourd’hui, le constat est tout autre : Pékin est marginalisée sur la plupart des dossiers politiques majeurs au Moyen-Orient et apparaît de nouveau comme un acteur périphérique.

La récente flambée de violences en Iran, principal partenaire stratégique de la Chine dans la région, constitue un revers supplémentaire pour Pékin. Le média souligne que la Chine s’est montrée particulièrement absente depuis les attaques du Hamas en octobre 2023, qui ont profondément remodelé les équilibres régionaux. À chaque étape, Washington a occupé une position centrale.

Malgré ses liens commerciaux étroits avec les pays du Golfe, Pékin a montré peu d’appétence à investir des ressources politiques ou diplomatiques lorsque les crises exigeaient un engagement prolongé. Certains analystes estiment toutefois que cette phase pourrait n’être qu’une parenthèse dans une stratégie de long terme visant à accroître l’influence politique chinoise. D’autres doutent de la capacité de Pékin à transformer son poids économique en levier diplomatique, d’autant plus que les États-Unis réaffirment leur rôle clé dans la région.

Sur le plan économique, la Chine reste néanmoins un acteur majeur : le commerce entre Pékin et les pays du Golfe a atteint 257 milliards de dollars en 2024, dépassant les échanges du Golfe avec les États-Unis, le Royaume-Uni et la zone euro réunis.

La presse saoudienne laisse entendre que la normalisation avec Israël s’éloigne

Selon le Wall Street Journal, le ton de plus en plus hostile adopté par les médias saoudiens à l’égard d’Israël constitue un nouvel indicateur de l’affaiblissement des perspectives de normalisation diplomatique entre Riyad et Jérusalem. En janvier dernier, un éditorial du quotidien Al-Riyadh accusait Israël d’ignorer le droit international et la souveraineté des États, affirmant que « partout où Israël est présent, il y a destruction et ruine ». Des figures religieuses saoudiennes ont également durci leur discours. En décembre, le cheikh Saleh bin Humaid déclarait dans un sermon à La Mecque : « Ô Dieu, punis les Juifs qui ont saisi et occupé, car ils ne peuvent échapper à Ta puissance. » Alors que la presse saoudienne adoptait jusqu’ici une posture relativement neutre vis-à-vis des accords de normalisation conclus par d’autres États du Golfe avec Israël, un net changement de ton est perceptible. Ce durcissement s’expliquerait notamment par la rivalité croissante entre l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, signataires emblématiques des accords d’Abraham.

L’intégration de Riyad à ces accords a longtemps constitué un objectif central pour Israël et les États-Unis. Mais la guerre à Gaza a modifié les calculs du royaume. Si l’Arabie saoudite affirme rester ouverte à une normalisation conditionnée à une voie crédible vers la création d’un État palestinien, l’urgence du dossier semble s’être estompée, laissant place à d’autres priorités diplomatiques.

Le Washington Post : Google aurait aidé Israël à Gaza via l’intelligence artificielle

Une plainte déposée auprès de la Securities and Exchange Commission accuse Google d’avoir enfreint ses propres règles éthiques en aidant Israël à utiliser des outils d’intelligence artificielle pour analyser des images de drones à Gaza. Selon la plainte, un ancien employé affirme que Google a, en 2024, contourné ses directives internes interdisant l’usage de l’IA à des fins militaires ou de surveillance, en apportant une assistance technique à un sous-traitant militaire israélien. Des documents internes indiqueraient que la technologie Gemini de Google a été utilisée par le système de défense israélien, à une période où l’entreprise tentait publiquement de prendre ses distances avec Tsahal à la suite de protestations internes.

En juillet 2024, la division cloud de Google aurait reçu une demande de support provenant d’une adresse e-mail de Tsahal, sollicitant une amélioration de la capacité de Gemini à identifier des objets tels que drones, véhicules blindés et soldats sur des images aériennes. Les équipes de Google auraient répondu par des recommandations techniques et mené des tests internes.

La plainte soutient que Google aurait induit en erreur investisseurs et régulateurs en s’écartant de ses engagements publics en matière d’IA, en violation des lois boursières américaines. Google conteste ces accusations, affirmant que l’usage de ses services dans ce cadre était trop limité pour être significatif. Tsahal et la société CloudEx, citée dans les documents, n’ont pas réagi.

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