Sécurité

L’argent qui alimente le terrorisme : les rouages financiers du Hamas, du Hezbollah et des Houthis

Derrière les roquettes, les drones et les milices, une autre guerre se joue loin des fronts : celle de l’argent. Hamas, Hezbollah et Houthis ont bâti de véritables empires financiers, capables de survivre aux sanctions et aux opérations militaires, une réalité qui oblige Israël et ses alliés à repenser la lutte contre le terrorisme.

3 minutes
2 février 2026

ParNathalie Sosna Ofir

L’argent qui alimente le terrorisme : les rouages financiers du Hamas, du Hezbollah et des Houthis
Istock

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Hamas : un système hybride entre aides extérieures et économie locale

Le Hamas a développé un modèle financier hybride, mêlant soutien extérieur, détournement de l’aide humanitaire et contrôle économique local. Pendant des années, des fonds en provenance du Qatar ont constitué une source majeure de financement, officiellement destinés à des besoins civils à Gaza, mais dont une partie a servi à renforcer les capacités militaires de l’organisation. À cela s’ajoutent des dons privés, souvent collectés via des associations caritatives à l’étranger, ainsi que des transferts financiers dissimulés par des réseaux de change informels. À Gaza, le Hamas a aussi imposé une économie sous contrôle : taxes sur les marchandises, droits de passage, contrôle de secteurs clés comme le carburant, les matériaux de construction ou les tunnels de contrebande. Cette emprise économique lui a permis de financer salaires, armement et reconstruction après chaque confrontation.

Hezbollah : un conglomérat transnational sous parapluie iranien

Le Hezbollah représente le modèle le plus abouti de terrorisme financiarisé. Soutenu directement par l’Iran, qui lui verse chaque année des centaines de millions de dollars, le mouvement libanais a construit un réseau économique tentaculaire, bien au-delà du Moyen-Orient. Ses activités s’étendent du trafic de drogue et du blanchiment d’argent en Amérique latine et en Afrique de l’Ouest, à des entreprises légales servant de façades. Les liens avec les cartels de cocaïne ont fait du Hezbollah un acteur clé des routes de la drogue vers l’Europe et le Moyen-Orient. Cette économie parallèle finance non seulement son arsenal militaire, mais aussi un vaste système social au Liban, renforçant son ancrage local et sa loyauté interne.

Houthis : une économie de guerre adossée à l’Iran

Au Yémen, les Houthis ont transformé la guerre en source de revenus. Soutenus militairement et financièrement par l’Iran, ils contrôlent des ports, des axes commerciaux et des zones stratégiques qui leur permettent de prélever taxes et droits de douane. Ils exploitent également les ressources locales, confisquent les biens de leurs opposants et détournent l’aide humanitaire internationale. Le trafic d’armes, de carburant et parfois de drogue complète ce système. Les attaques contre le trafic maritime en mer Rouge servent à la fois des objectifs idéologiques et économiques, en renforçant leur position régionale et leur capacité de négociation.

Une bataille économique autant que militaire

Ces trois organisations terroristes partagent un point commun : leur capacité à s’adapter financièrement. Lorsque des sanctions bloquent un canal, un autre s’ouvre. Leur résilience repose sur la diversification des revenus, la criminalité transnationale et l’utilisation de structures civiles comme écrans.

Pour Israël, l’enjeu est stratégique. Tant que ces réseaux financiers resteront opérationnels, les victoires militaires resteront temporaires. La lutte contre le terrorisme passe désormais, aussi, par une guerre économique ciblée, capable de couper durablement les flux d’argent qui en sont le véritable moteur.

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