Dans un entretien accordé au quotidien libanais Nidaa Al-Watan et publié aujourd’hui, il a rappelé le prix élevé payé par le Liban à la suite de son implication indirecte dans la guerre à Gaza et exigé que l’État récupère pleinement son autorité en matière de décisions relatives à la guerre et à la paix.
Au cœur de l’interview : la question d’une éventuelle participation du Hezbollah en cas de frappe américaine contre l’Iran. Nawaf Salam a évoqué des informations selon lesquelles le président du Parlement, Nabih Berri, aurait reçu de l’organisation des garanties de neutralité. Mais il a exprimé son inquiétude face aux contradictions sur le terrain : « Si de telles garanties ont effectivement été données, elles sont les bienvenues. Mais je ne peux dissimuler ma préoccupation face aux messages contradictoires entre ces tentatives d’apaisement et les déclarations publiques du secrétaire général du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, qui a affirmé explicitement que l’organisation ne resterait pas passive si l’Iran était attaqué. »
Selon lui, même si le Liban ne maîtrise pas les développements entre Téhéran et Washington, il est impératif de ne pas laisser « des acteurs qui ne sont pas l’État » le précipiter dans une nouvelle confrontation. « L’aventure à Gaza a coûté cher au Liban, et nous espérons ne pas être entraînés dans une nouvelle aventure », a-t-il déclaré.
Le chef du gouvernement a également réaffirmé la position officielle selon laquelle les armes doivent être exclusivement entre les mains de l’État : « Le Conseil des ministres maintient sa décision sans hésitation ni ambiguïté. Il s’agit d’un choix souverain irréversible. »
Il a précisé que le rythme de mise en œuvre de cette orientation, notamment dans les zones situées au nord du Litani, dépendra du succès de la conférence internationale de soutien à l’armée libanaise, prévue le mois prochain à Paris, avec la participation des États-Unis, de la France et de l’Arabie saoudite.
Pour Israël, ces déclarations traduisent une tension interne persistante au Liban : d’un côté, un gouvernement qui revendique le monopole de la décision militaire ; de l’autre, un Hezbollah qui lie explicitement son sort stratégique à celui de l’Iran. À Jérusalem, la question centrale demeure inchangée : en cas d’attaque contre Téhéran, la frontière nord redeviendra-t-elle un front actif ? Les propos prudents de Nawaf Salam témoignent d’une volonté d’éviter une nouvelle guerre, mais tant que le Hezbollah conserve son arsenal et sa liberté d’action au sud et au nord du Litani, la stabilité restera précaire.
Pour Israël, la ligne rouge est claire : toute implication du Hezbollah dans un conflit régional serait perçue comme une agression directe, avec le risque d’une escalade majeure sur le front nord.
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