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Après Khamenei, trois scénarios pour l’Iran : révolution, putsch ou compromis

Le régime iranien peut-il vaciller dans les prochaines semaines ? La question agite les plateaux et les chancelleries. Mais à Téhéran, l’heure semble d’abord à l’organisation de la continuité.

3 minutes
1 mars 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Après Khamenei, trois scénarios pour l’Iran : révolution, putsch ou compromis

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Selon plusieurs sources, un mécanisme transitoire se met en place autour d’un conseil présidentiel provisoire composé de trois membres, chargé d’assurer l’intérim. Cette structure aurait déjà commencé à fonctionner au nom du président, avec pour mission de désigner rapidement l’un des leurs comme candidat de consensus. La décision finale reviendrait au Conseil des experts, l’instance religieuse habilitée à désigner le Guide suprême et non à un cercle familial ou à un dauphin désigné d’avance.

Contrairement à certaines spéculations, il ne s’agirait pas d’un simple passage de témoin de père en fils. L’Iran ne fonctionne pas selon un modèle monarchique classique. Plusieurs noms circulent, y compris celui d’un petit-fils de l’ayatollah Khomeiny, identifié comme une figure à sensibilité réformatrice. Mais aucun favori ne s’impose clairement à ce stade.

Dans les cercles d’analyse, trois scénarios dominent : un effondrement brutal du régime - hypothèse jugée peu probable à court terme. une révolution populaire – possible, mais sans dynamique visible immédiate et un coup de force interne, mené par des figures puissantes issues du système, notamment des Gardiens de la Révolution – scénario considéré par plusieurs observateurs comme le plus réaliste.

Sur le plan stratégique, le débat est vif. Des responsables militaires, en Israël comme aux États-Unis, rappellent qu’un changement de régime ne se décrète pas par des frappes aériennes seules. « On ne remplace pas un pouvoir depuis les airs », résument certains hauts gradés. La question devient alors politique : le régime iranien accepterait-il un accord de capitulation partielle ? Serait-il prêt à remettre son uranium enrichi et à renoncer à son programme nucléaire pour sauver sa survie ?

L’histoire récente montre que la priorité absolue du système iranien reste sa propre conservation. À plusieurs reprises, les dirigeants ont fait preuve de ce qu’ils ont eux-mêmes appelé une « flexibilité héroïque » lorsqu’ils estimaient leur maintien en danger. Dans cette logique, si les pressions militaires, diplomatiques et économiques affaiblissent suffisamment le régime, celui-ci pourrait consentir à des concessions majeures - y compris sur le nucléaire - pour éviter l’effondrement. Plus la pression augmente, plus la marge de compromis s’élargit. L’équation est simple : frapper plus fort pour négocier en position de force.

Au bout du compte, estiment plusieurs analystes, la sortie de crise passera nécessairement par une décision stratégique sur le nucléaire. Que ce soit sous la direction d’un nouvel homme fort issu du régime ou d’un tandem provisoire, la question centrale demeure : l’Iran est-il prêt à abandonner son ambition nucléaire pour préserver le système ? À Téhéran, la réponse ne dépend pas seulement des bombes ou des discours, mais d’un calcul froid : survivre ou s’entêter. Et dans l’histoire de la République islamique, la survie a souvent primé sur l’idéologie.

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