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Pendant que le Moyen-Orient s’embrase, deux puissances avancent… mais pas dans la même direction

La guerre autour de l’Iran ne redessine pas seulement l’équilibre régional. Elle pourrait aussi modifier le rapport de forces entre Moscou et Pékin.

3 minutes
5 mars 2026

ParDelphine Miller

Pendant que le Moyen-Orient s’embrase, deux puissances avancent… mais pas dans la même direction
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Alors que l’attention mondiale se concentre sur l’affrontement au Moyen-Orient, les conséquences du conflit s’étendent bien au-delà de la région. Sur le plan économique et stratégique, la guerre pourrait renforcer la Russie tout en fragilisant la Chine, deux puissances pourtant proches de Téhéran. Selon le Wall Street Journal, plusieurs dynamiques économiques et géopolitiques expliquent ce contraste.

Premier facteur : l’énergie. Les tensions militaires autour de l’Iran font craindre une perturbation du trafic dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial. Même sans blocage réel, cette menace suffit à faire grimper les prix du pétrole sur les marchés internationaux. Avant le déclenchement de la guerre, le 28 février, le baril de Brent évoluait autour de 72 à 73 dollars. Le 5 mars, après plusieurs jours d’escalade, il s’échangeait autour de 83 à 84 dollars. Cette hausse d’une dizaine de dollars par baril profite directement à la Russie, l’un des principaux exportateurs d’hydrocarbures au monde. Dans une économie largement dépendante des revenus énergétiques, cette augmentation renfloue les finances de l’État russe. Dans un contexte de sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine, ces recettes supplémentaires offrent ainsi à Moscou un soutien financier précieux.

La guerre au Moyen-Orient pourrait également détourner une partie de l’attention militaire occidentale de l’Ukraine. Les États-Unis et plusieurs pays européens doivent désormais renforcer leur présence dans la région, protéger leurs bases et soutenir leurs alliés. Ce redéploiement stratégique pourrait, à terme, réduire la pression exercée sur Moscou dans le conflit ukrainien.

La Chine, en revanche, se trouve dans une position beaucoup plus délicate. Contrairement à la Russie, elle est le premier importateur mondial de pétrole. Une hausse durable des prix de l’énergie pèse directement sur son industrie, ses transports et sa croissance. Pékin a d’ailleurs récemment signalé un ralentissement économique en fixant un objectif de croissance compris entre 4,5 % et 5 %, un niveau historiquement bas pour la deuxième économie mondiale.

À cela s’ajoute une autre vulnérabilité : la dépendance chinoise aux routes énergétiques du Golfe. Une grande partie du pétrole consommé en Chine transite par le détroit d’Ormuz. Une perturbation durable de ces flux aurait un impact direct sur l’économie chinoise et sur le commerce mondial, dont Pékin dépend fortement.

Dans ce contexte, la guerre autour de l’Iran révèle un paradoxe géopolitique : alors que Moscou et Pékin apparaissent souvent comme des partenaires face à l’Occident, leurs intérêts économiques face à cette crise divergent profondément. Pour la Russie, l’instabilité énergétique peut devenir une opportunité. Pour la Chine, elle représente surtout un risque majeur.

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