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Les États du Golfe sur la réserve, dans l’attente d’un tournant à Téhéran

Alors que les attaques iraniennes se poursuivent contre plusieurs pays du Golfe, les capitales de la région multiplient les démarches diplomatiques pour éviter une escalade, selon des évaluations israéliennes, elles préfèrent pour l’instant rester en retrait, en attendant d’éventuels signes de faiblesse du régime à Téhéran.

4 minutes
8 mars 2026

ParNathalie Sosna Ofir

Les États du Golfe sur la réserve, dans l’attente d’un tournant à Téhéran
Attaque iranienne aux Émirats arabes unis, Photo : réseaux sociaux arabes

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La guerre contre l’Iran continue de secouer le Moyen-Orient. Dans les États du Golfe, les dernières vingt-quatre heures ont été marquées par un mélange de vigilance sécuritaire, d’intense activité diplomatique et de tentatives de préserver une apparence de normalité. Parallèlement aux attaques iraniennes, plusieurs pays de la région s’efforcent d’empêcher un élargissement du conflit. Dans ce contexte, une réunion d’urgence virtuelle de la Ligue arabe se tient ce dimanche.

Au Caire, l’Égypte mène une initiative diplomatique active pour contenir toute nouvelle escalade. Les autorités égyptiennes ont engagé des discussions avec les États du Golfe afin d’éviter qu’ils ne soient entraînés dans une confrontation directe avec l’Iran. Dans ces échanges, les responsables égyptiens soulignent notamment les lourdes conséquences économiques qu’une guerre régionale pourrait provoquer. Dans le même temps, certains médias égyptiens critiquent ouvertement Israël, accusé d’avoir poussé Washington à entrer en guerre.

La Jordanie participe également à ces efforts diplomatiques. Le Premier ministre jordanien a mené une série d’entretiens téléphoniques avec plusieurs responsables de la région, notamment le chef du gouvernement de l’Autorité palestinienne, le Premier ministre libanais et le ministre saoudien de la Défense. Le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, participe lui aussi à distance à la réunion d’urgence de la Ligue arabe, après avoir échangé avec son homologue égyptien sur les moyens de mettre fin aux combats.

Sur le terrain, les attaques iraniennes contre les États du Golfe se poursuivent. Aux Émirats arabes unis, les systèmes de défense aérienne ont détecté depuis ce matin 17 missiles balistiques, dont 16 ont été interceptés, tandis qu’un autre est tombé en mer. Par ailleurs, 117 drones ont été lancés, dont 113 ont été neutralisés et quatre ont atteint le territoire.

Depuis le début de l’escalade, les Émirats ont recensé 238 missiles balistiques et 1 422 drones. La grande majorité a été interceptée par les systèmes de défense. Le bilan humain reste toutefois limité : quatre morts, des travailleurs étrangers originaires du Pakistan, du Népal et du Bangladesh, ainsi que 112 blessés.

À Bahreïn, une installation majeure de dessalement d’eau située sur l’île a été touchée. Ce site fournit environ 60 % de l’eau potable du pays. Selon le ministère de l’Intérieur bahreïni, les dégâts sont « matériels et limités », et les autorités ont assuré que l’approvisionnement en eau n’était pas menacé. Dans la dernière vague d’attaques, deux bâtiments civils ont également été touchés dans le quartier de Muharraq, dont un campus universitaire, faisant trois blessés.

Malgré les frappes, les États du Golfe cherchent à afficher un message de stabilité. Aux Émirats, le ministre de l’Économie Abdallah bin Touq Al-Marri a assuré qu’aucune pénurie alimentaire n’était à craindre et qu’il n’était pas nécessaire de stocker des produits, répondant ainsi aux rumeurs circulant sur les réseaux sociaux. Les grandes chaînes de distribution ont parallèlement augmenté leurs stocks, notamment en important des marchandises par avion. Un effort de communication se déploie également pour présenter les Émirats comme un pays sûr malgré la guerre, notamment via des influenceurs sur les réseaux sociaux. Dans le débat public du Golfe, le discours reste toutefois complexe : une forte critique de l’Iran et de ses alliés d’un côté, mais aussi une absence de soutien manifeste à Israël de l’autre.

Pour l’heure, la grande question demeure : les États du Golfe pourront-ils rester à l’écart d’un affrontement direct ? Selon les évaluations en Israël, tant qu’aucun signe clair d’affaiblissement du régime iranien n’apparaît, ces pays devraient continuer à éviter toute implication militaire directe, se limitant à des mesures défensives.

Des opérations pour rapatrier les Israéliens

Parallèlement, une activité diplomatique et logistique intense se poursuit pour les citoyens israéliens présents dans la région. Aux Émirats arabes unis, l’ambassade d’Israël travaille à l’évacuation de ressortissants israéliens en coordination avec le ministère des Affaires étrangères et celui des Transports. Un plan d’évacuation baptisé « Lionnes du Golfe » a été dévoilé ce matin. Les Israéliens présents dans la région ont commencé à s’inscrire pour les vols de rapatriement, et deux vols de secours devraient décoller dès aujourd’hui. À Bahreïn, l’ambassadeur israélien maintient des contacts étroits avec les autorités locales, avec l’ambassadrice des États-Unis et avec les représentants de la communauté juive. Des échanges sont également menés avec des analystes et des journalistes locaux afin de suivre l’évolution de la situation dans la région.

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