Sur fond de conflit au Moyen-Orient, le baril de Brent s'échange désormais autour de 114 dollars, tout comme le WTI, soit une hausse de près de 25 % en une seule journée — du jamais vu depuis l'invasion russe de l'Ukraine en 2022.
Le facteur déclenchant est la quasi-paralysie du détroit d'Ormuz. Ce passage stratégique, par lequel transitent en moyenne plus de 20 millions de barils par jour — soit un tiers des exportations mondiales de pétrole par voie maritime — est officiellement fermé selon Téhéran, qui menace d'attaquer tout navire tentant de le franchir. Des dizaines de millions de barils sont désormais bloqués dans le Golfe persique, sans possibilité d'en sortir.
La guerre a également causé des dommages considérables aux infrastructures énergétiques régionales : l'Arabie saoudite a fermé sa principale raffinerie, le Qatar a suspendu sa production de gaz naturel liquéfié (GNL), et Israël a cessé l'extraction de gaz sur deux de ses trois champs gaziers.
Le président américain Donald Trump a réagi sur son réseau Truth Social, estimant que la hausse des prix à court terme était « un très petit prix à payer pour la sécurité et la paix », ajoutant que les prix diminueraient rapidement « une fois détruite la menace nucléaire iranienne », ajoutant « Il faut être idiot pour ne pas le comprendre ».
Les marchés, eux, sont moins sereins. Barclays avait anticipé le franchissement du seuil des 100 dollars — désormais dépassé. Les analystes d'UBS évoquent un scénario extrême à plus de 120 dollars, tandis que le ministre de l'Énergie du Qatar a déclaré au Financial Times qu'un blocage prolongé d'Ormuz pourrait porter le baril à 150 dollars. JPMorgan avertit que si le détroit reste fermé, les pertes de production pourraient atteindre 6 millions de barils par jour d'ici la fin de la semaine prochaine.
Huit pays de l'OPEC+, dont l'Arabie saoudite, la Russie, l'Irak et les Émirats arabes unis, ont annoncé dimanche une hausse de leur production de 206000 barils par jour à partir d'avril — un effort jugé dérisoire au regard de l'ampleur de la perturbation.
Les consommateurs ressentent déjà les effets de cette flambée. Aux États-Unis, le prix du gallon d'essence ordinaire a bondi de 47 cents en une semaine pour atteindre 3,45 dollars, tandis que le diesel s'affiche à 4,60 dollars. En Europe, le prix du diesel a doublé, et en Asie, le carburant pour avions a augmenté de près de 200 %. Cette envolée ravive les craintes d'une nouvelle vague inflationniste, précisément au moment où la Réserve fédérale américaine hésite sur la direction de sa politique monétaire.
Face à cette situation, les ministres des Finances du G7 tiendront aujourd'hui (lundi) une réunion d'urgence, selon le Financial Times. Des responsables américains examinent la possibilité de libérer entre 300 et 400 millions de barils issus des réserves stratégiques de l'Agence internationale de l'énergie, soit environ un quart du total disponible.
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