Selon plusieurs sources sécuritaires, les Gardiens de la Révolution ont préféré Mojtaba Khamenei à d’autres candidats pourtant jugés plus légitimes sur le plan religieux. La raison principale tiendrait à une question centrale dans le système iranien : la loyauté totale envers l’appareil sécuritaire. Certains religieux susceptibles de prétendre au poste n’auraient pas garanti une fidélité absolue aux Gardiens de la Révolution, élément considéré comme essentiel pour maintenir la discipline et le contrôle du régime.
Mojtaba Khamenei incarne ainsi, selon ces sources, une nouvelle génération plus dure au sein du pouvoir iranien, farouchement opposée aux tentatives du camp réformateur de se rapprocher de l’Occident ou d’accepter des compromis sur la question nucléaire.
Au fil des années, il s’est construit une base solide dans les milieux ultraconservateurs iraniens, hostiles à tout rapprochement avec l’Occident et favorables à la poursuite de la stratégie régionale de confrontation menée par Téhéran. Dans cette vision idéologique, le conflit avec les États-Unis et Israël est considéré comme une lutte de long terme, impossible à résoudre par des compromis diplomatiques traditionnels.
Le nom de Mojtaba Khamenei a déjà été associé à plusieurs épisodes controversés de la politique iranienne. Il a notamment été accusé, dans la rue iranienne et par les milieux réformateurs, d’avoir influencé les élections présidentielles de 2005 et de 2009, contribuant à l’arrivée au pouvoir du président conservateur Mahmoud Ahmadinejad. Lors des manifestations de la « Révolution verte » en 2009, les opposants au régime l’ont également accusé d’avoir joué un rôle dans la répression du mouvement.
Selon des responsables sécuritaires, Israël aurait récemment tenté de l’éliminer sans succès. Cette tentative aurait renforcé l’idée, dans son entourage, qu’il vit désormais « sur du temps emprunté ». On s’attend donc à ce qu’il adopte des mesures de sécurité particulièrement strictes afin d’éviter d’être ciblé par une opération israélienne ou américaine.
Du point de vue stratégique, les services de renseignement israéliens estiment que le nouveau guide suprême pourrait chercher à prolonger la guerre autant que possible, sans apparaître comme prêt à céder. Son objectif serait d’engager Israël dans une guerre d’usure, en s’appuyant notamment sur les capacités balistiques encore détenues par le régime iranien afin de restaurer sa dissuasion.
Les Gardiens de la Révolution devraient encourager cette ligne dure face aux États-Unis. Leur calcul repose sur l’idée qu’un conflit prolongé pourrait accroître la pression de l’opinion publique américaine sur l’administration Trump pour mettre fin aux opérations militaires, en particulier si les pertes américaines augmentent et si les prix de l’énergie continuent de grimper.
Dans cette logique, les analystes estiment que Mojtaba Khamenei pourrait intensifier les tirs de missiles balistiques contre Israël, dans l’espoir d’accroître la pression sur le gouvernement de Benyamin Netanyahou et de pousser la société israélienne à exiger la fin de la guerre.