Donald Trump a pris la parole hier soir (mercredi) au Kentucky pour évoquer la guerre contre l'Iran. « Nous ne voulons pas repartir en guerre contre l'Iran tous les deux ans — il faut en finir », a-t-il déclaré. « Nous ne quitterons pas l'Iran avant d'avoir terminé le travail, et ce sera très rapide. »
Plus tôt dans la journée, le Président américain avait accordé un bref entretien téléphonique à la chaîne N12, affirmant que la guerre se terminerait « bientôt », tout en refusant de donner un calendrier précis. « Il ne reste presque plus rien à frapper en Iran. Quelques cibles par-ci par-là... Dès que je voudrai que ça s'arrête, ça s'arrêtera », a-t-il déclaré au cours de cet échange.
Pourtant, après près de deux semaines de bombardements intensifs américano-israéliens, les dernières évaluations du renseignement américain dressent un tableau qui tempère les espoirs de ceux qui attendaient la chute du régime de Téhéran. Selon des sources au fait des rapports classifiés, la direction iranienne est encore en ordre de marche et son emprise sur le pays ne semble pas menacée d'effondrement immédiat.
Citant plusieurs rapports de renseignement récents, l'agence Reuters évoque une « analyse cohérente selon laquelle le régime n'est pas en danger et maintient son contrôle sur la population iranienne » — et ce malgré l'élimination du Guide Suprême Ali Khamenei dès le premier jour de la guerre, le 28 février, et la mort de dizaines de hauts responsables des Gardiens de la Révolution.
Tandis que Trump proclamait cette nuit que « l'Iran est en train d'être détruit », la réalité politique intérieure raconte une autre histoire. Le Conseil des experts a officialisé cette semaine la succession en désignant Mojtaba Khamenei, fils du Guide Suprême assassiné, comme nouveau Guide Suprême. Les Gardiens de la Révolution et la direction intérimaire constituée semblent jusqu'ici préserver leur cohésion interne sans montrer de signes de délitement.
En Israël aussi, on reconnaît en coulisses que rien ne garantit que la guerre actuelle conduira à la chute du régime des mollahs. D'autres sources estiment qu'un renversement du gouvernement à Téhéran nécessiterait vraisemblablement une vaste opération terrestre, permettant aux civils iraniens de descendre dans la rue sans crainte de représailles.
La question d'une insurrection intérieure se pose avec une acuité croissante. Abdullah Mohtadi, à la tête d'une coalition de partis kurdes iraniens, affirme que « des dizaines de milliers de jeunes sont prêts à prendre les armes » contre le régime, à condition d'obtenir un soutien américain. Selon lui, les forces de sécurité iraniennes ont abandonné plusieurs bases dans les régions kurdes par crainte des bombardements, créant « des signes tangibles de faiblesse » sur le terrain.
Le renseignement américain reste toutefois sceptique quant à la capacité des Kurdes à affronter les forces de sécurité de Téhéran sans équipement lourd. Les groupes kurdes ont demandé à Washington des armes et des véhicules blindés, mais Trump a récemment exclu toute incursion de forces kurdes en territoire iranien à ce stade.
La pression politique sur le Président américain s'intensifie, portée notamment par la flambée des prix du carburant à l'échelle mondiale. Alors qu'il avait appelé au début de la guerre les Iraniens à « reprendre le contrôle de leur gouvernement », ses principaux conseillers ont depuis démenti que le changement de régime soit un objectif de la guerre.
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