Selon les premiers éléments de l’enquête, le projectile a pénétré par le toit de l’immeuble, traversé jusqu’au salon, puis explosé à l’intérieur du logement. L’appartement a été entièrement détruit, à l’exception de la pièce sécurisée (mamad), restée intacte. Les deux victimes ont été retrouvées sans vie sous les décombres par les équipes du Magen David Adom.
Une alerte préalable de huit minutes et demie avait pourtant été déclenchée avant le tir. D’après les témoignages de proches, le couple n’avait pas l’habitude de rejoindre l’espace protégé, notamment en raison de l’état de santé du mari, qui souffrait de difficultés de mobilité. Leurs enfants avaient déjà signalé la situation aux services sociaux, précisant que les allers-retours vers le mamad étaient compliqués.
Les autorités insistent toutefois sur le caractère encore préliminaire de l’enquête. Le Commandement du Front intérieur rappelle que, en cas de handicap ou de difficulté physique, des solutions alternatives doivent être envisagées, allant jusqu’à dormir dans la pièce sécurisée si nécessaire.
Le lendemain du drame, les habitants du bâtiment restent sous le choc. Ronit Sasson Bimblikh, voisine du couple, raconte une nuit « extrêmement éprouvante » : « L’alerte a retenti très vite, puis il y a eu une explosion énorme. J’ai crié de toutes mes forces. Nous étions persuadés que notre appartement avait été touché, on a vu que notre logement était intact, alors on a pensé que cela venait de l’immeuble voisin. Je n’imaginais pas que c’était l’appartement au-dessus du nôtre. »
Elle décrit ses voisins comme « des gens discrets », vivant en retrait. « Il se déplaçait avec un déambulateur, elle s’occupait de lui. C’est un destin cruel. »
Le maire de Ramat Gan, Carmel Shama-Hacohen, a évoqué « une tragédie d’une cruauté extrême », tout en soulignant le caractère exceptionnel de l’impact. « Le missile, équipé d’une ogive à fragmentation, a créé plusieurs zones d’impact dans la ville. Dans la plupart des cas, les dégâts ont été limités et il n’y a pas eu de blessés. Ici, il s’agit d’un manque de chance terrible. » Il insiste sur la nécessité d’anticiper : « Dès qu’une alerte est donnée, il faut se rapprocher du mamad. Les personnes ayant des difficultés doivent commencer à s’y rendre immédiatement, voire envisager d’y dormir. »