En pleine guerre, la France s’emploie à tester la possibilité d’un dialogue, même limité, entre les deux pays ennemis. Selon plusieurs sources, aucun processus formel n’est engagé à ce stade : pas de négociation officielle, pas de cadre défini. Mais des contacts existent, un intérêt se manifeste et surtout, une volonté de sonder le terrain émerge, sous impulsion française.
À Beyrouth, le chef de la diplomatie française a rencontré les principaux dirigeants libanais, dont le président Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam et le président du Parlement Nabih Berri. Objectif : évaluer si des conditions minimales existent pour initier un processus de stabilisation, en priorité le long de la frontière nord d’Israël. Paris cherche avant tout à contenir une escalade. Mais au-delà, l’ambition est plus large : tenter de réinstaller l’État libanais comme acteur capable de porter des engagements sécuritaires face à Israël.
Côté israélien, le dossier est piloté en coulisses par Ron Dermer, proche du Premier ministre Benyamin Netanyahou. La ligne reste prudente mais claire : Israël n’est pas opposé à un accord avec le Liban en tant qu’État, mais toute avancée dépendra de la capacité de Beyrouth à agir contre le Hezbollah. Car pour Jérusalem, le cœur du problème est là. Depuis le début de la guerre, les attaques en provenance du Liban ont été plus nombreuses que celles directement menées par l’Iran. Un élément déterminant dans les priorités sécuritaires israéliennes. Avant toute discussion, Israël attend des mesures concrètes : limitation des ressources du Hezbollah, atteinte à ses infrastructures et surtout contrôle effectif du sud du Liban.
Dans ce jeu complexe, une figure s’impose comme déterminante : Nabih Berri. En Israël, il est perçu comme l’homme capable de donner une légitimité politique à un éventuel accord, notamment au sein du camp chiite. Mais sa position ralentit toute dynamique : il refuse toute négociation tant que les combats se poursuivent, privilégiant un cessez-le-feu préalable.
Toute avancée reste également conditionnée à l’évolution du front iranien. À Jérusalem, beaucoup estiment qu’aucun accord durable avec le Liban ne sera possible tant que la confrontation avec Téhéran se poursuit. Le Hezbollah, étroitement lié à l’Iran, ne peut s’en dissocier sans risque stratégique.
En Israël, le débat reste ouvert. Certains plaident pour saisir cette opportunité diplomatique, soutenue par Paris, afin d’affaiblir le Hezbollah par des moyens politiques. D’autres privilégient une approche militaire, estimant qu’une confrontation directe sera inévitable.
Pour l’heure, le canal reste embryonnaire. Mais la visite imminente du ministre français pourrait marquer un tournant : soit une accélération prudente vers un dialogue, soit la confirmation que les conditions ne sont pas encore réunies.
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