Aborder la fête de Pessah alors que la guerre fait rage et que les sirènes retentissent plusieurs fois par jour à travers le pays peut paraitre difficile. Dans cette réalité complexe, les mots de Myriam Peretz font, comme d'habitude, l'effet d'un remède.
Dans un entretien accordé à la chaîne Kan Moreshet, celle qui a perdu deux fils au combat a livré un message d'une rare profondeur, puisant dans le calendrier juif et dans sa propre expérience pour parler à tout un peuple.
Sa vie quotidienne ressemble aujourd'hui à celle de nombreux Israéliens : courir vers les abris au milieu de la nuit, une routine marquée par l'incertitude. Pourtant, Myriam Peretz insiste: tout cela a un but très clair: vivre. « Nous sommes en nissan, le mois des miracles », a-t-elle rappelé, évoquant la capacité du peuple juif à traverser l'épreuve sans perdre le fil de l'espérance. « C'est diffile mais nous ne perdons pas espoir. C'est dans notre ADN. Celui qui perd espoir n'a plus la force de se lever et de courir ».
Elle trouve une consolation inattendue dans ces moments de promiscuité forcée dans les abris : la solidarité qui y naît spontanément, la fraternité entre inconnus, ce lien humain que la menace fait parfois surgir là où on ne l'attendait pas.
Pour illustrer sa vision, Myriam Peretz se tourne vers le printemps, la saison de la fête de Pessah : « On voit des arbres qui semblaient morts — et soudain, ils fleurissent. Nous aussi, nous devons voir le bien au cœur d'une réalité complexe. » Et d'insister : si des vies ont été perdues, le tableau d'ensemble est aussi celui d'une immense capacité de survie collective, qu'elle n'hésite pas à qualifier de miracle.
La perspective d'une nuit du seder perturbée par des alertes ne l'inquiète pas outre mesure. « Même sous le Covid, les nuits du seder étaient différentes. S'il y a une alerte, on se lève — et on revient à table. On chantera, on dansera, et on dira : de génération en génération, ils se lèvent contre nous pour nous anéantir. »