Le Rav Yossef Tsvi Rimon répond aux questions pratiques concernant le déroulement du Seder de Pessah en cas d'alertes qui l'interrompraient.
Si une sirène retentit pendant la récitation de la Haggada (Maguid), faut-il réciter à nouveau le Kiddouch ?
Le Talmud (traité Pessahim) pose le principe : « Il n'y a de Kiddouch qu'à l'endroit du repas. » Cela dit, si l'abri sécurisé (Mamad) fait partie de l'appartement, ou se trouve dans la cage d'escalier de l'immeuble, il n'est pas nécessaire de réciter à nouveau le Kiddouch. Même si l'abri est situé à l'extérieur du bâtiment, on peut être indulgent, à condition toutefois de veiller à boire un révi'it de vin lors du Kiddouch (première coupe), et celui qui souhaite être plus rigoureux boira deux révi'iot (150 ml).
Faut-il réciter à nouveau la bénédiction « Boré pri haguefen » en revenant de l'abri ?
La question se pose pour la deuxième coupe, interrompue par une sortie en plein Maguid. La réponse varie selon la tradition :
Ashkénazes : ils récitent de toute façon la bénédiction sur chacune des quatre coupes donc pas de changement.
Séfarades : ils ne récitent la bénédiction que sur la première et la troisième coupe, ils ne réciteront généralement pas à nouveau la bénédiction, car une sortie en abri n'est pas considérée, après coup, comme un véritable changement de lieu.
Que faire si la sirène retentit juste après la bénédiction « Al akhilat matsa », au moment de manger la matsa ?
On goûte immédiatement un peu de matsa avant de rejoindre l'abri, puis on complète la consommation d'un kazaït en position accoudée dans l'abri. Si l'on a parlé entre la bénédiction et la consommation, on récite à nouveau la bénédiction. Si l'on avait déjà commencé à manger chez soi avant de se rendre à l'abri, on mange à nouveau un kazaït complet au retour. Dans les zones exposées à de fréquentes alertes, il est conseillé de préparer à l'avance des matsot dans l'abri ou le Mamad.
Si une sirène interrompt le Séder entre le Karpas et le Maror, faut-il bénir « Boré pri haadama » sur le Maror ?
Le Talmud indique qu'on ne récite pas cette bénédiction sur le Maror. Selon le Rachbam, parce que la bénédiction du Karpas le dispense ; selon les Tossafot, parce que le Maror est consommé à l'intérieur du repas. En cas d'interruption, la position du Rachbam imposerait théoriquement de bénir à nouveau sur le Maror. En pratique cependant, on ne le fera pas d'une part en suivant l'avis des Tossafot, d'autre part parce que la sortie vers l'abri n'est pas nécessairement considérée comme un changement de lieu.
Que faire si une sirène retentit en pleine consommation de l'afikomane ?
La question de savoir s'il est interdit de manger l'afikomane en deux endroits différents fait l'objet d'un débat : le Rachbam, le Rambam et le Roch — ainsi que le Choulhan Aroukh et la Rema — l'interdisent ; les Tossafot et le Baal HaMaor le permettent. En pratique, si la sirène retentit pendant la consommation, on ne poursuit pas dans l'abri : on attend le retour pour finir l'afikomane. Idéalement, on mange alors un kazaït complet ; mais si cela s'avère difficile, on peut s'appuyer sur l'avis du Sefer HaHinouкh, selon lequel même une quantité moindre permet de s'acquitter de l'obligation.
Quant à l'heure limite, si l'idéal est de terminer l'afikomane avant la moitié de la nuit (Hatsot Halayla, vers 00h30 en Israël) de nombreux décisionnaires ont fait preuve de souplesse sur ce point. Dans un contexte d'alertes répétées, il existe de bonnes raisons de s'appuyer sur les opinions plus indulgentes notamment celles du Rambam et du Roch s'il faut prendre du retard par rapport à cet horaire.
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